<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>journal d&#039;esprit 1 &#187; peinture</title>
	<atom:link href="http://annstein.unblog.fr/category/peinture-2/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://annstein.unblog.fr</link>
	<description>Bienvenue sur mon blog! Né de l&#039;encouragement de jeunes amis, il met en circulation des points de vue et des synthèses susceptibles de déplacer le curseur et de libérer la pensée.</description>
	<lastBuildDate>Fri, 27 Feb 2026 13:41:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.7.5</generator>
	<item>
		<title>Inscriptions hébraïques dans l&#8217;œuvre de Vittore Carpaccio</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2025/07/13/inscriptions-hebraiques-dans-loeuvre-de-vittore-carpaccio/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2025/07/13/inscriptions-hebraiques-dans-loeuvre-de-vittore-carpaccio/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Jul 2025 07:28:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[hébreu]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance italienne]]></category>
		<category><![CDATA[Venise]]></category>
		<category><![CDATA[vittore carpaccio]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=1412</guid>
		<description><![CDATA[Je vous propose d’explorer un aspect méconnu, mais fascinant, de l’œuvre de Vittore Carpaccio, peintre vénitien du tournant des XVe et XVIe siècles : à savoir la présence d’inscriptions hébraïques dans ses tableaux. Pourquoi cette présence ? Est-ce le signe d’une érudition humaniste ? D’un goût pour l’exotisme oriental ? D’un souci du détail, pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="text-align: justify">Je vous propose d’explorer un aspect méconnu, mais fascinant, de l’œuvre de Vittore Carpaccio, peintre vénitien du tournant des XVe et XVIe siècles : à savoir la présence d’inscriptions hébraïques dans ses tableaux.</span></p>
<p style="text-align: justify">Pourquoi cette présence ? Est-ce le signe d’une érudition humaniste ? D’un goût pour l’exotisme oriental ? D’un souci du détail, pour la couleur locale ? Ou bien un hommage à Venise, capitale mondiale de l’imprimerie hébraïque dès la fin du XVe siècle ?</p>
<p style="text-align: justify">La question reste ouverte, tant Carpaccio est réputé pour son imagination foisonnante et sa curiosité intellectuelle tous azimuts : littéraire, philologique, archéologique, picturale, architecturale, héraldique, hagiographique, animalière, botanique… la liste est longue !</p>
<p style="text-align: justify">Trois d’entre ses tableaux retiennent particulièrement l’attention : <i>La Naissance de la Vierge</i>, son <em>Mariage</em> ou <i>Miracle du rameau fleuri</i> et la <i>Méditation sur la Passion du Christ</i>. Chacun semble raconter, par le texte autant que par l’image, des épisodes du christianisme profondément ancrés dans l’histoire juive.</p>
<div id="attachment_1440" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/capture-decran-2025-07-12-a-12.20.01.png" rel="lightbox[1412]"><img class="size-medium wp-image-1440  " alt="Capture d’écran 2025-07-12 à 12.20.01" src="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/capture-decran-2025-07-12-a-12.20.01-300x194.png" width="300" height="194" /></a><p class="wp-caption-text">V. Carpaccio-Naissance et Mariage de la Vierge Marie, Méditation sur la Passion du Christ</p></div>
<p style="text-align: justify">Et, puisque Carpaccio est avant tout un peintre narratif, je vous propose d’analyser ces trois œuvres selon la chronologie des événements représentés, et non selon la date de création.</p>
<p style="text-align: center">***</p>
<p style="text-align: justify">Commençons donc par<i> la Naissance de la Vierge Marie</i> &#8211; un thème rare dans la peinture Renaissance. Et pour cause ! les Évangiles canoniques n’en font pas mention… Carpaccio puise donc son inspiration dans le <i>Protévangile</i> de Jacques le Mineur, le plus ancien des apocryphes, rédigé vers l’an 200.</p>
<p style="text-align: justify">On y apprend que Joachim, affligé par la stérilité d’Anne, se retire pendant quarante jours dans le désert pour ne plus reparaître devant sa femme ; cependant, Anne, ravagée de chagrin, reçoit la visite d’un Ange, qui lui annonce une grossesse ; le messager de Dieu s’empresse d’en informer Joachim.</p>
<p style="text-align: justify">La naissance de Marie, environ sept mois plus tard, est donc présentée, dans le <i>Protévangile</i>, comme miraculeuse, mais Carpaccio laïcise l’événement ; il le transpose dans le réel vénitien, début XVIe siècle. Et peint une scène familiale, avec des servantes occupées à la préparation du bain du nouveau-né, des langes et de la collation de la parturiente ; avec les parents émus, Anne, sur un lit après l’accouchement, et Joachim, âgé, debout, stupéfait par la venue de sa fille.</p>
<p style="text-align: justify">L’ambiance est intime. L’intérieur confortable, voire bourgeois.</p>
<p>Toutefois, parmi les objets domestiques et animaux de compagnie, le peintre chrétien place une inscription hébraïque, susceptible d’être voilée/dévoilée, suggérant que la scène se déroule en Palestine et qu’il s’agit d’une parole  biblique.</p>
<div id="attachment_1427" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2026/02/image-13-07-2025-a-17.56.jpeg" rel="lightbox[1412]"><img class="size-medium wp-image-1427 " alt="Naissance de Marie" src="http://annstein.unblog.fr/files/2026/02/image-13-07-2025-a-17.56-300x226.jpeg" width="300" height="226" /></a><p class="wp-caption-text">Naissance de Marie</p></div>
<p>La lecture la plus probable pourrait être :</p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #800000;font-size: large"><b>קודש קדשים במזבח ברית גשם זהב</b></span><span style="color: #800000;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center">• <span style="color: #800000"><b>קֹדֶשׁ</b><b> </b></span>= Kadosh = saint</p>
<p style="text-align: center">• <span style="color: #800000"><b>מִזְבֵּחַ</b></span> = Mizbeaḥ = autel</p>
<p style="text-align: center">• <span style="color: #800000"><b>בְּרִית</b></span> = Berit = Alliance avec Dieu</p>
<p style="text-align: center">• <span style="color: #800000"><b>זָהָב</b></span> = Zahav = or</p>
<p style="text-align: center">• « <i>Saint des saints</i> » renverrait au sanctuaire du Temple de Jérusalem,</p>
<p style="text-align: center">• «<i> autel de l’alliance </i>» à l’Arche contenant les Tables de la Loi,</p>
<p style="text-align: center">• et «<i> pluie d’or </i>» pourrait se référer à la lame d&rsquo;or, fixée sur la tiare du grand-prêtre, dont seuls les purs  percevaient l&rsquo;éclat. (Cf. Protévangile V.1)</p>
<p>On pourrait la traduire approximativement par :</p>
<p style="text-align: center"><b><i>«</i></b><b><i> </i></b><b><i>Saint des saints, sur l’autel de l’alliance, pluie d’or</i></b><b><i> </i></b><b>»</b></p>
<p style="text-align: justify">【Un Internaute hébraïsant propose le décryptage suivant :</p>
<p style="text-align: center">&laquo;&nbsp;<span style="font-size: medium"><strong><span style="color: #800000"><i>Kadosh Kadosh Kadosh baMarom &#8211; Baroukh habaa beshem</i></span>&laquo;&nbsp;</strong></span></p>
<p style="text-align: justify">(dernier mot très compliqué à déchiffrer mais la logique voudrait que ce soit le nom de D.) Qu’il traduit par &laquo;&nbsp;<i>Saint Saint Saint dans les hauteurs &#8211; Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur</i>&laquo;&nbsp;】</p>
<p style="text-align: justify">Ces images mystiques soulignent la conception miraculeuse de Marie, la sainteté de sa naissance (intacte de toute souillure du péché originel, <i>immaculée</i>), mais n’appartiennent pas aux récits traditionnels sur Joachim et Anne. Elles relèvent donc de l’imagination de Carpaccio !</p>
<p style="text-align: center">***</p>
<p style="text-align: justify">Outre la Naissance, une autre toile composant le cycle de la vie de Marie, contient des inscriptions en langue hébraïque. À savoir la scène du<i> </i><i>Mariage de la Vierge</i><i> </i>ou <i>Miracle du rameau fleuri</i>.</p>
<p style="text-align: justify">Là encore, Carpaccio se réfère au <i>Protévangile</i> de Jacques qui raconte l&rsquo;histoire d’un choix guidé par Dieu ou cérémonie de désignation par des baguettes.</p>
<p style="text-align: justify">Résumons<i> </i><i>le Protévangile</i>. Lorsque Marie atteint l’âge nubile, les prêtres du Temple de Jérusalem cherchent à préserver sa pureté native et décident de la mettre sous la garde d’un homme vertueux. Un ange apparaît au grand-prêtre Zacharie, lui ordonne de rassembler tous les veufs de la tribu de Juda, chacun devant apporter un rameau. Tous les rameaux sont bénis, mais aucun ne manifeste de signe divin, jusqu’à ce que Joseph, initialement réticent à participer au concours, apporte le sien. Une colombe en sort et vient se percher sur la tête de l’aîné d’entre les prétendants, ainsi désigné par Dieu pour protéger la pureté de Marie.</p>
<p style="text-align: justify">Dans certaines compilations plus tardives, <i>(Légende dorée</i>, <i>Évangile selon Jean d’Outremeuse)</i>, il est mentionné que le rameau de Joseph fleurit. Et ce miracle devient un motif iconographique fréquent dans l’art chrétien, illustrant le caractère providentiel du mariage de la Vierge.</p>
<p>Carpaccio représente, à gauche, le tirage au sort sacré, dans sa version médiévale, présidé par l’Ange (dans le coin supérieur du tableau), et, à droite, le dépit des vaincus, jetant et brisant leurs baguettes de bois mort.</p>
<p style="text-align: justify">La scène a pour cadre l’intérieur du Temple de Jérusalem, décrit avec un luxe de détails : lambris de marbre, décors précieux sur les marches et le tapis, objets liturgiques sur une table au premier plan, autel avec feu sacré, Menorah, soigneusement dessinée, et écrits hébreux. On remarque, en effet, un cartouche au-dessus de l’autel et un panneau en dessous de la Ménorah, intégrés à l’architecture du Temple. Les textes, sous forme de versets, sont apparemment écrits en hébreu médiéval. Mais sont-ce des citations ou des faux-semblants et sont-ils lisibles ?</p>
<div id="attachment_1428" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2026/02/image-12-07-2025-a-13.49.jpeg" rel="lightbox[1412]"><img class="size-medium wp-image-1428 " alt="Mariage de la Vierge" src="http://annstein.unblog.fr/files/2026/02/image-12-07-2025-a-13.49-300x194.jpeg" width="300" height="194" /></a><p class="wp-caption-text">Mariage de la Vierge</p></div>
<p style="text-align: justify">La transcription du cartouche est difficile en raison de la calligraphie typiquement Renaissance. Selon l’IA, elle pourrait être la suivante :</p>
<p style="text-align: center"><strong>וַיֹּאמֶר רַב וְכָל־הַקָּהָל לוֹ אִישׁ אִשְׁתּוֹ</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>וַיֹּאמֶר וַיָּבֹא אֵלָיו עֵץ פָּרִים</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>וַיֹּאמֶר וְאִם בֵּן עָרִיר יָמוּת נַפְשׁוֹ</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>יֵשׁ אִישׁ אֵלֶךְ מִבֵּיתוֹ כִּי עֵדָה</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong>On déchiffre la première phrase « <i>Et le grand-prêtre dit à l’assemblée : Que chacun prenne sa femme </i>» et on reconnait des mots : « <i>bâton » </i>connotant le miracle du rameau fleuri<i>, </i>et<i> « fille de mon peuple, main, maison </i>» rappelant les lois du mariage juif : union entre soi, engagement social et cohabitation.</p>
<p style="text-align: justify">Le style, anaphorique, avec la reprise de « <i>il dit</i> » וַיֹּאמֶר, en tête de chaque phrase, imite la langue biblique.</p>
<p>Quant au panneau, architecturé et sous forme de liste numérotée, il correspond à la version traditionnelle des <i>Dix commandements</i></p>
<p style="text-align: center"><strong>1. אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>2. לֹא יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>3. לֹא תִשָּׂא אֶת־שֵׁם־יְהוָה</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>4. זָכוֹר אֶת־יוֹם הַשַּׁבָּת</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>5. כַּבֵּד אֶת־אָבִיךָ וְאֶת־אִמֶּךָ</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>6. לא תרצח</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>7. לֹא תִנְאָף</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>8. לֹא תִגְנֹב</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>9. לֹא־תַעֲנֶה בְרֵעֲךָ עֵד שָׁקֶר</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>10. לֹא תַחְמֹד</strong></p>
<p> Pour mémoire</p>
<p style="text-align: center">1. Je suis l’Éternel, ton Dieu.</p>
<p style="text-align: center">2. Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi.</p>
<p style="text-align: center">3. Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain.</p>
<p style="text-align: center">4. Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.</p>
<p style="text-align: center">5. Honore ton père et ta mère.</p>
<p style="text-align: center">6. Tu ne tueras point.</p>
<p style="text-align: center">7. Tu ne commettras point d’adultère.</p>
<p style="text-align: center">8. Tu ne voleras point.</p>
<p style="text-align: center">9. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.</p>
<p style="text-align: center">10. Tu ne convoiteras pas.</p>
<p style="text-align: justify">Ici, l’inscription a clairement une dimension scripturaire par sa référence explicite aux <i>Tables de la Loi</i> mais Carpaccio déroge à la règle en en faisant un ornement, visible par tous. En effet, selon la tradition juive, les Tables sont cachées à la vue du public, conservées à l’intérieur de l’Arche d’Alliance, le coffre sacré placé dans le saint des saints du Temple.</p>
<p style="text-align: center"> ***</p>
<p style="text-align: justify">Plus remarquable encore est <i>la Méditation sur la Passion</i>, où l’imitation de l’épigraphie donne une dimension abstraite au tableau, qui voudrait se fait livre.</p>
<p style="text-align: justify">Le cadavre du Christ, entouré de Job et de Jérôme (auteur d’un commentaire sur <i>le Livre de Job</i>), est posé sur un trône brisé. Sur son dossier de pierre, on distingue un texte.</p>
<div id="attachment_1436" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/capture-decran-2025-07-06-a-21.35.43.jpeg" rel="lightbox[1412]"><img class="size-medium wp-image-1436 " alt="Inscriptions hébraïques dans l'œuvre de Vittore Carpaccio dans peinture" src="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/capture-decran-2025-07-06-a-21.35.43-300x249.jpeg" width="300" height="249" /></a><p class="wp-caption-text">Méditation sur la Passion</p></div>
<div id="attachment_1433" style="width: 235px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/image-09-07-2025-a-13.13.jpeg" rel="lightbox[1412]"><img class="size-medium wp-image-1433 " alt="Méditation sur la Passion-Jérôme" src="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/image-09-07-2025-a-13.13-225x300.jpeg" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Méditation sur la Passion-Jérôme</p></div>
<div id="attachment_1434" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/image-07-07-2025-a-23.08.jpeg" rel="lightbox[1412]"><img class="size-medium wp-image-1434 " alt="Méditation sur la Passion-Job" src="http://annstein.unblog.fr/files/2025/07/image-07-07-2025-a-23.08-300x263.jpeg" width="300" height="263" /></a><p class="wp-caption-text">Méditation sur la Passion-Job</p></div>
<p style="text-align: justify">Ses caractères ressemblent à de l’hébreu, mais ils ne forment aucun mot cohérent. Il ne s’agit donc pas d’une citation, comme on pouvait s’y attendre, mais d’une imitation graphique, pour ancrer la scène dans l’Antiquité et dans le sacré.</p>
<p style="text-align: justify">L’inscription se poursuit au-dessus de la grotte de Jérémie (indéchiffrable) et sur le bloc de pierre où Job est assis. Ici, on reconnait un verset du <i>Livre de Job</i> (19:25) : « <i>Je sais que mon Rédempteur est vivant</i> » ; il souligne la certitude de la Résurrection, thème central de la méditation.</p>
<p style="text-align: justify">Des hébraïsants identifient isolément d’autres mots, tels que « <i>Israël</i>, <i>couronne</i> », « <i>larme </i>», mais l’ensemble du texte est inventé pour l’effet visuel et le symbole : la continuité entre l’Histoire d’Israël et la Rédemption chrétienne, méditée ici par Jérôme et Job.</p>
<p style="text-align: justify">En imitant l’hébreu, Carpaccio relie le sacrifice du Christ à ses racines bibliques, en particulier aux textes prophétiques annonçant la venue d’un Messie (<i>Livre d’Esaïe</i> 35 et 50)</p>
<p style="text-align: center"> ***</p>
<p style="text-align: justify">➤Ces textes hébraïques révèlent donc la minutie de l’artiste chrétien qu’est Carpaccio : sans véritable connaissance de la langue sacrée ni souci d’exactitude linguistique, il s’inspire de modèles trouvés dans les livres imprimés, de son temps, à Venise, que ce soit par les Soncino, famille d’imprimeurs active dès la fin du XVe, par Aldo Manuce, éditeur multilingue entre 1494 et 1515, par Daniel Bomberg, éditeur du premier <i>Talmud de Babylone</i> complet, au début du XVIe, ou par Marcantonio Giustiniani et Bragadini, imprimeurs du milieu du XVIe, en rivalité pour obtenir le-monopole de l’impression hébraïque.</p>
<p style="text-align: justify">Ces inscriptions nous apprennent aussi qu’à la Renaissance, l’hébreu ou le pseudo-hébreu n’est pas que décoratif ; il est utilisé pour évoquer l’Ancien Testament, authentifier les scènes qui se déroulent dans la Palestine du I er siècle, rappeler la continuité entre Judaïsme et Christianisme ; et, Humanisme oblige !, véhiculer une sagesse antique.</p>
<p style="text-align: justify">On trouve la même pratique de l’inscription hébraïque chez un autre artiste vénitien, Giovanni Bellini, dont <i>la Transfiguration</i> contient des cartouches en hébreu qui permettent entre autre de dater l’œuvre selon le calendrier hébraïque : 5239 pour 1478-1479, Ainsi que chez Cosmé Tura, sa <em>Vierge à l&rsquo;Enfant en majesté</em>, Ferrare, 1475, présente deux tables de la Loi, écrites en caractères hébraïques lisibles, de part et d&rsquo;autre du trône.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Biblio</strong></p>
<p> Giulio BUSI, Silvana GRECO,<i> </i><i>Il Rinascimento parla ebraico</i>, 2019, Silvana Editoriale : catalogue de l’exposition du MEIS de Ferrara.</p>
<p>Jacques le Mineur,<i> </i><i>Protévangile</i> (vers 200), ch. 2-5 et 6-8 ; <i>EAC</i>, I, 1977, p. 86-97).</p>
<p>Jacques de VORAGINE, <i>la Légende dorée</i>, (1261 &#8211; 1266), ch. 50 et 127 : « <i>Ainsi, alors que la sainte Vierge, depuis l’âge de trois ans jusqu’à celui de quatorze ans, avait vécu au temple en compagnie d’autres vierges et qu’elle avait émis le vœu de conserver sa chasteté, sauf si Dieu en disposait autrement, Joseph l’épousa en suivant une révélation de Dieu et en voyant son bâton se couvrir de feuilles, comme cela se trouve plus longuement exposé dans l’Histoire de la nativité de la Vierge.</i> »</p>
<p>Jean d’Outremeuse, <i>Evangile</i> (XIVe s.), ch. 8 et 9 : « <i>Que chacun d’eux prenne en main une baguette ; celui dont la baguette fleurira, aura la jeune fille, sans contredit</i> ».</p>
<p>Jacques POUCET, <i>L’Évangile selon Jean d’Outremeuse</i> (XIVe s.) Chapitre IV : Les Épousailles de Marie et de Joseph : <a href="https://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/28/NAISS/04_Mariage.pdf">https://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/28/NAISS/04_Mariage.pdf</a></p>
<p>Jean HABERT, <i>Peintures italiennes du Louvre – Les Primitifs</i>, Paris, Musée du Louvre, 1994, notice Carpaccio, p. 93.</p>
<p>Heidi J. Hornik &amp; Mikeal C. Parsons, <i>The Meditation on the Passion, by Vittore Carpaccio (ca. 1460–1525</i><i>)</i>, 2015 <a href="https://www.christiancentury.org/artsculture/on-art/meditation-passion-vittore-carpaccio-ca-1460-1525">https://www.christiancentury.org/artsculture/on-art/meditation-passion-vittore-carpaccio-ca-1460-1525</a></p>
<p>Catherine KIKUCHI, <i>L’imprimerie vénitienne à la Renaissance : des étrangers au cœur de la lagune</i> , 2018 <a href="https://sms.hypotheses.org/16130">https://sms.hypotheses.org/16130</a></p>
<p>Andrea MARTIGNONI<i> Imprimeurs et milieu du livre (Venise, fin XVe-début XVIe </i>siècle), thèse 2014 <a href="https://humanisme.hypotheses.org/329">https://humanisme.hypotheses.org/329</a></p>
<p style="text-align: justify"> Heliane Bernard et Christian-Alexandre Faure, <i>La colline aux corbeaux</i><i>,</i> roman historique, 2018, (le héros, jeune apprenti typographe est venu à Venise pour s’initier à l’hébreu classique et parfaire sa formation d’imprimeur auprès de Daniel Bomberg.)</p>
<p style="text-align: center">VOIR LE FILM ICI :</p>
<p style="text-align: center"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=VZpzT4K3_7k&amp;t=111s">https://www.youtube.com/watch?v=VZpzT4K3_7k&amp;t=111s</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=VZpzT4K3_7k&amp;t=111s"> </a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2025/07/13/inscriptions-hebraiques-dans-loeuvre-de-vittore-carpaccio/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Piero della Francesca, la Conversation sacrée</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2024/08/30/piero-della-francesca-la-conversation-sacree/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2024/08/30/piero-della-francesca-la-conversation-sacree/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 30 Aug 2024 18:41:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[géométrie]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Alberti]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Battista Sforza]]></category>
		<category><![CDATA[conversation sacrée]]></category>
		<category><![CDATA[Divine proportion]]></category>
		<category><![CDATA[Duc d'Urbino]]></category>
		<category><![CDATA[Federico da Montefeltro]]></category>
		<category><![CDATA[Fibonacci]]></category>
		<category><![CDATA[isocéphalie]]></category>
		<category><![CDATA[Luca Pacioli]]></category>
		<category><![CDATA[Millennium Fabri Armorum]]></category>
		<category><![CDATA[piero della francesca]]></category>
		<category><![CDATA[Renaissance mathématique]]></category>
		<category><![CDATA[rhinoplastie]]></category>
		<category><![CDATA[voûte à caissons]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=1320</guid>
		<description><![CDATA[CARTEL Titres multiples Vierge à l&#8217;enfant avec des saints,  Pala di San Bernardino,  Pala di Brera  Retable de Brera  Pala Montefeltro ou plus communément Conversation sacrée (ou Sacra conversazione en italien) : le commanditaire prie la Vierge, les Anges et les Saints pour contribuer au salut de l’âme de la jeune défunte et pour qu’ils [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/piero-della-francesca-pala-montefeltro.jpeg" rel="lightbox[1320]"><img class="size-medium wp-image-1323 aligncenter" alt="Piero della Francesca, la Conversation sacrée" src="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/piero-della-francesca-pala-montefeltro-209x300.jpeg" width="209" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center"><b>CARTEL</b></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva"><strong>Titres multiples</strong> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: verdana, geneva"><i>Vierge à l&rsquo;enfant avec des saints</i>, </span></li>
<li><span style="font-family: verdana, geneva"><i>Pala di San Bernardino</i>, </span></li>
<li><span style="font-family: verdana, geneva"><i>Pala di Brera</i> </span></li>
<li><span style="font-family: verdana, geneva"><i>Retable de Brera</i> </span></li>
<li><span style="font-family: verdana, geneva"><i>Pala Montefeltro</i></span></li>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">ou plus communément <i>Conversation sacrée</i> (ou <i>Sacra conversazione</i><i> </i>en italien) : <b><i>le commanditaire prie la Vierge, les Anges et les Saints pour contribuer au salut de l’âme de la jeune défunte et pour qu’ils intercèdent en faveur de sa dynastie.</i></b><b><i></i></b></span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva"> <strong>COMMANDITAIRE</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva"><span style="font-style: normal"> Commandée en 1471, par </span><b>Federico III da Montefeltro</b><span style="font-style: normal">, duc d’Urbino, comme « </span><i>demande de grâce</i><span style="font-style: normal"> » pour la conception d&rsquo;un héritier mâle, après la naissance de sept filles ! Federico figure à genoux au pied du trône marial, revêtu de son armure de </span><i>Condottiere</i><span style="font-style: normal"> ; il est encore dépourvu de ses armoiries (qui ne lui seront remises qu’en 1475 par le Pape Sixte IV) : précieux détail qui permet de dater le retable (ou </span><i>pala </i><span style="font-style: normal">en italien).</span></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva"><strong>DATE</strong></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">Réalisée en </span><b style="font-family: verdana, geneva;text-align: justify">1472</b><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">,</span><b style="font-family: verdana, geneva;text-align: justify"> </b><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">l’œuvre célèbre la naissance du fils tant désiré (</span><b style="font-family: verdana, geneva;text-align: justify">Guidobaldo</b><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">)</span><b style="font-family: verdana, geneva;text-align: justify"> </b><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">en janvier 72 et rend hommage à </span><b style="font-family: verdana, geneva;text-align: justify">Battista Sforza</b><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">, son épouse, morte des complications de l&rsquo;accouchement, en juillet 72, à l’âge de 26 ans. Ainsi, l’histoire personnelle du client se mêle-t-elle intimement au thème religieux voire l&rsquo;emporte sur la dévotion religieuse. </span></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="font-family: verdana, geneva">TECHNIQUE</span></strong></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva"><span style="font-style: normal">Technique mixte sur bois : </span><b>huile </b><span style="font-style: normal">pour les tons de chair, </span><b><i>tempera</i></b> (<span style="font-style: normal">ou détrempe à l’œuf) pour l’arrière-plan architectural, et </span><b>glacis</b><span style="font-style: normal"> sur une base de détrempe pour les vêtements.</span></span></p>
<p style="text-align: center"> <strong><span style="font-family: verdana, geneva">DIMENSIONS</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong></strong><span style="font-family: verdana, geneva"><span style="font-style: normal;text-align: justify">Des travaux de restauration et des études récentes (</span><i style="text-align: justify">© Giorgio Gioppi</i><span style="font-style: normal;text-align: justify">) confirment que</span><b style="text-align: justify"> le format de l&rsquo;œuvre a été réduit</b><span style="font-style: normal;text-align: justify"> par Piero lui-même, en lien avec son obsession pour le </span><b style="text-align: justify">Nombre d’or</b><span style="font-style: normal;text-align: justify"> : à l’origine, elle mesurait 299 x 184 cm. Mais à la mort du commanditaire (1482), il la découpe sur les quatre côtés pour faire correspondre le calendrier de Federico (1422-1482, soit 60 ans) et les mesures de l’œuvre, correspondance obtenue grâce à la </span><b style="text-align: justify">spirale de Fibonacci </b><span style="font-style: normal;text-align: justify">: </span><i style="text-align: justify">cf. </i><a style="text-align: justify" href="https://www.giorgioppi.net/"><i>https://www.giorgioppi.net/</i></a><i style="text-align: justify">. </i><span style="font-style: normal;text-align: justify">Aujourd’hui, les mesures officielles sont </span><b style="text-align: justify">251 x 172,5 cm.</b><span style="font-style: normal;text-align: justify"> </span></span></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="font-family: verdana, geneva"><span style="font-style: normal">LIEU DE COSERVATION</span></span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva"><span style="font-style: normal">Depuis le pillage des œuvres d’art opéré par les armées de Napoléon, elle est conservée, à la </span><b>Pinacothèque de Brera</b><span style="font-style: normal"> (Milan), en effet, considérée </span><b><i>mineure</i></b><span style="font-style: normal"> par les commissaires d’art accompagnant l’armée impériale, elle fut jugée <em><strong>i</strong></em></span><b><i>ndigne du musée du Louvre !</i></b><span style="font-style: normal"> La notule du musée précise : « </span><i>Après les spoliations napoléoniennes, le retable est arrivé à Brera depuis l&rsquo;église de San Bernardino à Urbino, construite par Federico da Montefeltro pour abriter sa propre sépulture. Il est possible, mais pas certain, que le tableau ait été à l&rsquo;origine destiné à ce lieu et à la tombe du Duc</i><span style="font-style: normal">. »</span></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify"><strong>STYLE</strong> </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">sévère : solennité et monumentalité un peu raides, adoucies par le traitement de la lumière et les couleurs.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify">Œuvre de la maturité, à la croisée de la science et de l’art (géométrie, mathématique au service de l’esthétique), synthèse absolue entre </span><b style="font-family: verdana, geneva;text-align: justify">les peintures italienne</b><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify"> (perspective) et </span><b style="font-family: verdana, geneva;text-align: justify">flamande</b><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal;text-align: justify"> (luminosité, détails réalistes.)</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva"><b>PROBLÉMATIQUE</b></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva"><b></b>Comment Piero réalise-t-il les noces de l’Art et de la Géométrie ? et comment, sous couvert d’une scène religieuse, raconte-t-il l’histoire privée du commanditaire ? </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva"><b>ART ET GÉOMÉTRIE</b></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">L’œuvre représente donc, sous une vaste abside, la Vierge à l’Enfant trônant, entourée de six saints, quatre anges et du donateur, à droite de la composition. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">➤Paradoxalement, Piero peint moins une conversation qu’une <b>méditation</b> sacrée ; ici <b>le silence</b> règne : les lèvres sont serrées, les regards ne se rencontrent pas et pourtant les personnages ne sont pas isolés mais unis dans la prière et enveloppés par l<b>’architecture. </b></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">Une architecture, grandiose et ombrée, clairement au service de la perspective et inspirée :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva"><span style="font-style: normal">de </span><b>la grande voûte à caissons</b><span style="font-style: normal"> de </span><b>Leon-Battista Alberti </b><span style="font-style: normal">(1404-1472), théoricien de l’architecture. Son </span><i>De Re aedificatoria</i><span style="font-style: normal"> (c.1450) a fait accéder l’architecture au rang d</span><i>’art libéral</i><span style="font-style: normal"> (mathématisable), ancrée dans la culture humaniste, ouverte à la rationalité, à la beauté et à l’utilité des édifices.</span></span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-family: verdana, geneva">et/ou de</span><b style="font-family: verdana, geneva"> </b><b style="font-family: verdana, geneva"><i>la Trinité</i></b><span style="font-family: verdana, geneva">, peinte à fresque par </span><b style="font-family: verdana, geneva">Masaccio</b><span style="font-family: verdana, geneva">, en 1425, pour l’église Santa Maria Novella (Florence)</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">➤Et il réalise une admirable <b>démonstration de géométrie,</b> sur <b>deux plans :</b> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: verdana, geneva"><b>à l’arrière-plan</b>, la pureté géométrique du <b>demi-cercle</b> de la voûte s’ajoute à la pureté géométrique de la coquille Saint-Jacques renversée. </span><span style="font-family: verdana, geneva">Ces <b>lignes semi-circulaires </b>se répètent dans les panneaux de marbre disposés en arc-de-cercle </span></li>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">et, <b>au premier plan</b>, dans l’assemblée des personnages, qui occupent toute la largeur du tableau. </span><span style="font-family: verdana, geneva">Ils sont rangés selon la règle de <b>l’isocéphalie </b>【malgré des positions différentes et des situations sur des plans divers,<b> </b>tous ont <b>la tête </b>(&lt;grec : <em>kephalē</em>)<b> au même </b>(&lt;<em>iso</em>) <b>niveau,</b> située <b>sur une même ligne horizontale</b><b>】</b>; les quatre Anges, sans identité spécifique, côtoient des Saints,<b> </b>reconnaissables à <b>leurs attributs</b> : <span style="text-decoration: underline">à droite</span> : François d&rsquo;Assise et ses stigmates ; Pierre de Vérone et sa blessure à la tête ; Jean l’Evangéliste présentant son Livre ; <span style="text-decoration: underline">à gauche</span> : Jean-Baptiste avec son bâton et sa peau de bête ; Bernardin de Sienne avec son profil acéré caractéristique ; Jérôme avec sa tenue d’ermite.</span> <span style="font-family: verdana, geneva">À cet axe horizontal, répond un <b>axe vertical</b> formé par l’œuf à l&rsquo;aplomb de la Vierge et du nombril de l’enfant Jésus.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">【À noter que selon certains, le dernier personnage à droite aurait les traits de Luca Pacioli, originaire comme Piero della Francesca de Sansepolcro. Cette hypothèse s’appuie sur la ressemblance physique et sur le lien intellectuel entre Piero et Pacioli, deux figures majeures de la Renaissance mathématique. Cependant, cette identification n’est pas unanimement acceptée par la communauté scientifique, et la plupart des sources l&rsquo;identifient comme saint Jean l’Évangéliste (cf. <a href="https://physlab.uniurb.it/mostra2009/immagine_ispiratrice.htm">https://physlab.uniurb.it/mostra2009/immagine_ispiratrice.htm</a>)】</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">Enfin, un insolite <b>point de fuite</b>, en hauteur (au niveau des yeux de Marie), place le spectateur <b>en légère contre-plongée</b>. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">Cette composition, héritée de la spirale de Fibonacci et de la divine proportion de Luca Pacioli confère à l’ensemble une singulière harmonie, qui fit dire à Daniel ARASSE que Piero met « <i>la</i> <i>science mathématique au service de la prière » </i><i></i>(<span style="text-decoration: underline"><i>l’Homme en perspective &#8211; les Primitifs d’Italie</i></span> Paris, Hazan, 2008).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva"><span>La parfaite <b>maitrise des</b> <b>proportions</b> est symbolisée par <b>l’œuf</b> suspendu dans la niche de l’abside ; son <b>ovale</b> se répète dans le<b> visage impassible</b> de la Vierge, qui n’est autre que  celui de Battista Sforza</span><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif">, </span><span>bien connu des artistes soutenus par le mécénat du Duc (outre Piero, <strong>Juste de Gand</strong> l&rsquo;a représenté post-mortem dans<span style="text-decoration: underline"><em> </em><em>la Célébration de l&rsquo;eucharistie</em></span> en 1473<b>.</b>) </span></span></p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/battista-sforza-et-guidobaldo.jpeg" rel="lightbox[1320]"><img class=" wp-image-1399 aligncenter" alt="Battista Sforza et Guidobaldo" src="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/battista-sforza-et-guidobaldo-223x300.jpeg" width="156" height="210" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: verdana, geneva"><span style="text-align: justify;font-size: 13px">➤Ainsi, le thème religieux de la prière d’intercession passe au second plan et l’on entre dans la biographie de Federico tantôt par des </span><b style="text-align: justify;font-size: 13px">allusions</b><span style="text-align: justify;font-size: 13px">, tantôt par des </span><b style="text-align: justify;font-size: 13px">détails réalistes</b><span style="text-align: justify;font-size: 13px">.</span></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva"><b>L’HISTOIRE PERSONNELLE DU COMMANDITAIRE</b></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">L’œuf n’est pas qu’un symbole de la maternité miraculeuse de la Vierge, il revoie à l’Autruche, <b>signe héraldique des Montefeltro</b>, incarnation de leur identité dynastique, comme en atteste sa présence répétée sur les murs du palais ducal d&rsquo;Urbino.</span></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/palazzo-ducale-urbino-autruche.png" rel="lightbox[1320]"><img class=" wp-image-1400 aligncenter" alt="palazzo ducale Urbino- Autruche" src="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/palazzo-ducale-urbino-autruche-300x214.png" width="210" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">Plus explicites sont le portrait de Federico : <b>profil gauche avec rhinoplastie en bec d’aigle </b>et la présence d&rsquo;un <b>casque cabossé.<span style="font-family: verdana, geneva"> </span></b></span><span style="font-family: verdana, geneva">Ces détails revoient à un tournoi de 1450 ou 51 (?), au cours duquel Federico reçut un coup de lance qui endommagea sa cloison nasale et causa une blessure par coupure à son œil droit, qu’il perdit. Pour ne pas avoir de limites du champ visuel, il se fit opérer le nez, créant ainsi le profil si particulier qui le distingua et devint son<b> image officielle</b>. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">Si bien que <span style="text-decoration: underline"><i>la Pala de Brera</i></span> peut être lue comme<b> un portrait politique</b> du Duc d’Urbino, fait pour être vu, à l’instar de celui peint à l’avers du diptyque du <span style="text-decoration: underline"><i>Triomphe de la</i> chasteté</span> (Les Offices, Florence). Seul <b>Léonard de Vinci</b> peignit son profil gauche avec son œil fermé et son nez moins crochu, avant intervention chirurgicale (</span><span style="font-family: verdana, geneva"><i>avers du feuillet 180 du </i><i><span style="text-decoration: underline">Codex Atlanticus</span>, </i><i>Biblioteca Ambrosiana </i><i>Milan)</i></span><span style="font-family: verdana, geneva">.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">En 2009, </span><span style="font-family: verdana, geneva">des spécialistes du maquillage cinématographique, assistés par ordinateur, réalisèrent, pour</span><span style="font-family: verdana, geneva"> </span><span style="font-family: verdana, geneva">le Millennium Fabri Armorum, une reconstitution en 3D de son visage d’après <span style="text-decoration: underline"><i>la Pala de Brera</i></span></span><span style="font-family: verdana, geneva">.</span></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/federico-iii-reconstitution.jpeg" rel="lightbox[1320]"><img class="size-medium wp-image-1389 aligncenter" alt="Federico III reconstitution" src="http://annstein.unblog.fr/files/2024/08/federico-iii-reconstitution-122x300.jpeg" width="122" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva"> D’autres <b>détails</b> <b>réalistes</b> et <b>minutieux </b>caractérisent<b> </b><span style="text-decoration: underline"><i>la Conversation sacrée</i></span> et trahissent des influences flamandes : matières et accessoires sont rendus avec précision.</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">luisant de l’armure, lanières de cuir rouge, tapis et bagues aux doigts de Federico</span></li>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">et vêtements et coiffures des Anges, ornés de bijoux et rehaussées de diadèmes.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">Toutefois, leur impassibilité chargée de mélancolie est toute « pierresque » témoignant du stoïcisme du peintre devant la mort car <span style="text-decoration: underline"><i>la Pala de Brera</i></span> peut encore être lue comme <strong>un tombeau de Battista </strong>et ce, d&rsquo;autant qu&rsquo;après la mort du duc, le tableau fut transféré dans le mausolée familial de l’église San Bernardino, face au couvent de Santa Chiara où repose son épouse.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center">***</p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">➤<i> </i><span style="text-decoration: underline"><i>La Conversation sacrée</i></span> de Piero est donc une œuvre à la croisée de la prière privée, de l’affirmation dynastique et du monument funéraire. Elle incarne la puissance politique de Federico da Montefeltro, chef militaire pieux et humble, représenté en armure, tout en étant marquée par </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal">la douleur intime de la perte (l’espace vide à côté de Federico, là où aurait dû se trouver son épouse, accentue son veuvage) </span></li>
<li><span style="font-family: verdana, geneva;font-style: normal">et l’espoir d’une descendance masculine, essentielle à la pérennité de la lignée.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">À la complexité de la signification s’ajoute celle de la réalisation : cadre architectural solennel, inspiré des constructions d’Alberti, perspective centrale très précise, rigueur géométrique très italienne et influences flamandes sensibles dans l’attention portée aux détails et à la lumière.</span></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="font-family: verdana, geneva">BIBLIOGRAPHIE</span></strong></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">ALBERTI Leon Battista, <span style="text-decoration: underline"><i>De Pictura </i></span>(1435): De la Peinture, Éditions Macula, Paris, 1992</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">AUBERT Marcel,<em>  </em><span style="text-decoration: underline"><em>La Sculpture de la Renaissance italienne au Musée du Louvre</em></span> », <i>Le Louvre</i>, Les Éditions de l’Illustration. </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">ANGELINI Alessandro,<span style="text-decoration: underline"> <i>Piero della Francesca</i></span>, Actes Sud, Arles, 2014</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">BLUM André,<span style="text-decoration: underline"><i> Histoire générale de l&rsquo;art: des origines à nos jours</i></span>, Librairie Aristide Quillet, Paris, 1921</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: verdana, geneva">CARMINATI Marco, </span><span style="text-decoration: underline"><i>Piero della Francesca, La Pala Montefeltro</i>,</span><span style="font-family: verdana, geneva"> 24 Ore Cultura, Milano, 2012</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">CALVESI Maurizio,<span style="text-decoration: underline"><i> Piero della Francesca</i></span>, Liana Levi, Paris, 1998</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">GIOPPI Giorgio, <span style="text-decoration: underline"><i>LA PALA MONTEFELTRO DI BRERA 1471-72/1482, La geometria di Piero della Francesca</i></span>, 2008-22, <a href="https://www.giorgioppi.net">https://www.giorgioppi.net</a></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">MALRAUX André, <span style="text-decoration: underline"><i>L’Irréel</i></span>, collection l&rsquo;Univers des formes, éd. Gallimard, Paris, 1974 </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva">PECCATORI Stefano, ZUFFI Stefano…, <span style="text-decoration: underline"><i>Piero della Francesca</i></span>, Éditions La Martinière, Paris, 2000</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva">La Cire de Montefeltro a été réalisée dans <i>le Millennium Fabri Armorum, </i>un atelier italien spécialisé dans la reproduction et la vente d’armes et d’armures, pour les passionnés, les musées et les institutions culturelles. Situé à Arzignano, dans la province de Vicence, il est connu pour la qualité de ses réalisations, respectueuses des modèles originaux du Moyen Âge et de la Renaissance : <a href="https://physlab.uniurb.it/mostra2009/cera.htm">https://physlab.uniurb.it/mostra2009/cera.htm</a> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: verdana, geneva"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"> </span></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: verdana, geneva"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: verdana, geneva"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: verdana, geneva"> </span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2024/08/30/piero-della-francesca-la-conversation-sacree/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Paris, sujet et support de tableaux (article bilingue français/anglais)</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2013/02/14/paris-sujet-et-support-de-tableaux/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2013/02/14/paris-sujet-et-support-de-tableaux/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Feb 2013 20:54:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[ville]]></category>
		<category><![CDATA[Alechinsky]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[annstein]]></category>
		<category><![CDATA[Arthur Rimbaud]]></category>
		<category><![CDATA[cezanne]]></category>
		<category><![CDATA[Chagall]]></category>
		<category><![CDATA[Edward Hopper]]></category>
		<category><![CDATA[Ernest Pignon-Ernest]]></category>
		<category><![CDATA[Frères Limbourg]]></category>
		<category><![CDATA[impressionnisme]]></category>
		<category><![CDATA[Impressionnistes]]></category>
		<category><![CDATA[J.R.]]></category>
		<category><![CDATA[Martine Lyon-Baranes]]></category>
		<category><![CDATA[Miniatures]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas de Stael]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Paris (France)]]></category>
		<category><![CDATA[rue Férou (Paris VI°)]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogn]]></category>
		<category><![CDATA[ville en art]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Bonnefoy]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=668</guid>
		<description><![CDATA[Quand Paris se laisse prendre par un artiste (peintre, photographe ou plasticien), il est tantôt sujet, tantôt support de tableaux: Les vues représentent rarement la ville historique, son patrimoine ou sa modernité  les installations, performances ou interventions de rue réveillent l’Histoire ou la Poésie de la capitale. Mais Paris est rarement sujet de tableaux avant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/nicolas-de-stael-3.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-805 aligncenter" alt="&quot;Notre-Dame&quot;" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/nicolas-de-stael-3-300x214.jpg" width="300" height="214" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Quand Paris se laisse prendre par un artiste (peintre, photographe ou plasticien), il est tantôt sujet, tantôt support de tableaux: Les <em>vues</em> représentent rarement la ville historique, son patrimoine ou sa modernité  les <em>installations</em>, <em>performances</em> ou <em>interventions</em> <em>de rue</em> réveillent l’Histoire ou la Poésie de la capitale.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais Paris est rarement sujet de tableaux avant l’avènement de <strong>l’Impressionnisme</strong>, car <em>académiquement le paysage urbain n’est pas un genre pictural quand il ne se réfère pas à l’Antique! </em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Or l’héritage gallo-romain de la capitale est pauvre: vestiges des thermes de Cluny (peu parlants pour les non initiés) et amphithéâtre des arènes de Lutèce (évoquant davantage une aire de jeu moderne qu’un espace dédié aux gladiateurs et aux acteurs&#8230;)</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><span style="text-align: justify">Dérogent à cette règle de l’art les </span><strong style="text-align: justify">frères</strong><strong style="text-align: justify">Limbourg</strong><span style="text-align: justify">, miniaturistes du XV° siècle naissant et enlumineurs des <span style="text-decoration: underline">Très Riches Heures</span> du duc de Berry. Ils représentent, avec un luxe de détails et des couleurs vives, les architectures contemporaines; trois planches de leur calendrier et une miniature donnent à voir des bâtiments parisiens :</span></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><span style="text-align: justify"> <a href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/octobre-tres-riches-heures-du-duc-de-berry1.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="alignnone size-medium wp-image-738" alt="Frères Limbourg &quot;Louvre de Charles V&quot;" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/octobre-tres-riches-heures-du-duc-de-berry1-180x300.jpg" width="180" height="300" /></a>          <a href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/berry_nd_paris.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="alignnone size-medium wp-image-726" alt="Berry_ND_Paris" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/berry_nd_paris-300x253.jpg" width="300" height="253" /></a>   <a href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/limbourg-f-0012.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="alignnone size-medium wp-image-721" alt="Freres de LIMBOURG (1380-1416) - Tres riches heures du Duc de Berry" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/limbourg-f-0012-265x300.jpg" width="265" height="300" /></a></span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><strong><span style="text-decoration: underline">La scène de cavalcade</span></strong></em> illustrant<strong> </strong><em>le mois de mai</em><strong> </strong>se situe devant la <em>Conciergerie</em> ou <em>Palais de la Cité</em>, demeure royale et siège du pouvoir monarchique à l’époque gothique; à gauche se dresse la tour carrée du <em>Châtelet</em>, siège de la prévôté de Paris mais aussi prison; le bâtiment est reconnaissable par les toits coniques surmontant les tours, encore visibles aujourd’hui.</span></li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><strong><span style="text-decoration: underline">La fenaison</span></strong> </em>du<em> mois de juin</em> a lieu en bord de Seine et a, elle aussi, pour décor le <em>Palais de la Cité</em>, vu cette fois depuis la rive gauche; à sa droite se dresse la <em>Sainte Chapelle.</em></span></li>
</ul>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Quant aux<span style="text-decoration: underline"><em><strong> semailles</strong></em></span> du <em>mois d’octobre,</em> elles se déroulent devant le <em>Louvre de Charles V,</em> forteresse défensive, demeure et bibliothèque royales, dont nous connaissons les fondations.</span></li>
</ul>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Enfin, la miniature de <span style="text-decoration: underline"><strong><em>la Rencontre des Mages</em></strong></span>, très peu orientale, a pour cadre la ville de Paris, dont on reconnait sans hésitation <em>Notre-Dame</em> et la <em>Sainte Chapelle</em>.</span></li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ces «<em>portraits architecturaux»</em>, tels que les qualifiait l’Historien d’Art <strong>Panofsky</strong>, sont contemporains de la Guerre de Cent Ans; ils glorifient avec un rare <em>Naturalisme</em> les différents sièges de pouvoir, spirituel et temporel, sans doute pour témoigner du soutien indéfectible de Jean de France, duc de Berry, au roi, son frère, en lutte contre les Anglais. Dans ces iconographies, Paris est à la fois <em>allégorie de la Monarchie</em> et <em>décor de l’Histoire nationale</em>.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">À partir de la fin du XIX° siècle, les paysages de la capitale fleurissent mais ils frappent par leur <strong>singularité</strong>: on est loin, en effet, du réalisme et de la précision topographique des <em>vedute</em> flamandes ou vénitiennes, qui mettent la ville en cartes postales!</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Les toiles, encore très académiques, de <strong>Jean</strong> <strong>Béraud</strong> n’abandonnent pas la référence au décor historique mais se font avant tout l’écho d’une société fin de siècle.<a href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/jean_beraud_a_windy_day_on_the_pont_des_arts1.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-790 aligncenter" alt="&quot;Le Pont des Arts&quot;" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/jean_beraud_a_windy_day_on_the_pont_des_arts1-300x206.jpg" width="300" height="206" /></a></span></li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Les panoramas impressionnistes de <strong>Renoir</strong> ou <strong>Monet </strong>contiennent encore des éléments du patrimoine : <em>coupole de l’Institut, square du Vert Galant, place Dauphine, Pont neuf </em>et<em> Panthéon</em>, mais l’animation citadine et la lumière parisienne sont sans équivoque privilégiées par rapport au passé.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/bridge_arts1.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-736 aligncenter" alt="bridge_arts" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/bridge_arts1-300x181.jpg" width="300" height="181" /></a></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Enfin, la ville historique est ostensiblement délaissée par les peintres de la <strong>Modernité</strong>, réunis autour de <strong>Manet</strong>; ils s’installent dans le quartier Saint Georges, la Nouvelle Athènes ou les Batignolles et peignent les perspectives du Paris haussmannien: <strong>Monet</strong> et <strong>Caillebotte</strong> se passionnent pour la <em>Gare Saint Lazare </em>et le <em>Pont de l’Europe</em>; <strong>Caillebotte </strong>et <strong>Pissarro </strong>pour les <em>Grands Boulevards</em>, volontiers appréhendés depuis des chambres d’hôtel; ils inaugurent ainsi une nouvelle manière de voir, <strong>en plongée,</strong> qui fait de <em>l’air</em> l’élément prépondérant de leur peinture et qui enchantera les photographes (<strong>Martine Lyon</strong>, <strong>Willy Ronis.</strong>)</span></li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ce point de vue inhabituel permettra à <strong>Robert Delaunay</strong> de donner un élan lyrique au Cubisme, de substituer les courbes aux cubes et de restituer des <em>sensations</em> plutôt que des représentations : voyez donc sa vertigineuse <span style="text-decoration: underline"><strong><em>Tour Eiffel </em></strong></span>de<em> </em>1922, si représentative de <strong>l’Orphisme </strong>!</span></li>
</ul>
<p><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/1838843-robert_delaunay___tour_eiffel_et_jardin_du_champs_de_mars__1922_.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-711 aligncenter" alt="robert_delaunay___tour_eiffel_et_jardin_du_champs_de_mars__1922_" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/1838843-robert_delaunay___tour_eiffel_et_jardin_du_champs_de_mars__1922_-287x300.jpg" width="287" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">La voie est donc ouverte au thème<strong> des toits</strong>, grand classique du paysage parisien, et à la stylisation du réel qu’il impose: de <strong>Van Gogh</strong> à <strong>Nicolas de Staël,</strong> en passant par <strong>Cézanne,</strong> leur approche se fera de plus en plus <strong>géométrique</strong>.</span></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Sous l’influence du milieu artistique parisien, particulièrement effervescent dans les années 1880, <strong>Van Gogh </strong>se renouvelle et peint un vaste panorama au moyen de grands aplats si bien que l’on reconnait l’un des <em>moulins</em> de Montmartre, sur la gauche, mais que l’on devine à peine <em>Notre-Dame</em> et le <em>Panthéon</em> au lointain; plus Impressionniste que Naturaliste, il s’attache à représenter l’atmosphère de la ville, en pleine industrialisation (en atteste la forêt de cheminées d’usine); pour ce faire, il use du blanc et abandonne le cerne noir pour éclaircir le tableau.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/van-gogh-paris-depuis-montmartre-1886.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-1050 aligncenter" alt="van Gogh Paris depuis Montmartre-1886" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/van-gogh-paris-depuis-montmartre-1886-300x185.jpg" width="300" height="185" /></a></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Contrairement aux Impressionnistes, <strong>Cézanne</strong> ne s’est pas intéressé aux mutations urbaines, mais à <strong>l’organisation d’un espace</strong> vu depuis son atelier, rue de l’Ouest: la composition est contrastée, très structurée et audacieuse: deux clochers encadrent le paysage urbain; le toit, sombre, occupe le tiers inférieur du tableau, (tel est le trait de génie); la ville et le ciel inachevé, (dont les nuages sont simplement tracés au crayon) occupent les deux tiers supérieurs, dominés par une gamme de couleurs gris-jaune; le motif est traité de façon presque cubiste, un carré suffit à représenter une maison, un assemblage de cubes un ilot; cette vision géométrique donne au paysage une solidité, une densité, toutes cézaniennes.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/fullsizeoutput_8a.jpeg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-1051 aligncenter" alt="Cézanne, Toit de paris" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/fullsizeoutput_8a-300x244.jpeg" width="300" height="244" /></a></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong><span style="text-decoration: underline">Les Toits</span></strong></em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> de </span><strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Nicolas de Staël </span></strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">sont héritiers de cette technique, le paysage, très contrasté lui aussi, est partagé entre un ciel vaporeux, délicatement nuancé de gris et de bleu, et des toits sombres, remarquablement denses; mais les deux parties sont mal délimitées par un horizon incertain : tout se passe, en effet, comme si les nuages prolongeaient les toits car ils sont traités avec les mêmes aplats rectangulaires. Telle est l’admirable «</span><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">simplicité trompeuse</em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">» de Nicolas de Staël, dont parle </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Romain Gary.</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> Observons de près sa technique : elle consiste en une superposition visible de plusieurs couches, épaisses, étalées au couteau, laissant apparaître des couleurs pures dans des interstices ; eh ! voila comment il crée de la profondeur et comment il réinvente la perspective sans distordre des lignes et sans beaucoup s’éloigner du réel. En effet, ses toits supportent aisément la comparaison avec la photo de </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Martine Lyon</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> prise depuis le Centre Pompidou.</span></span></li>
</ul>
<p><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/nicolas-de-stael-toitsdeparis-1952.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-806 aligncenter" alt="&quot;Toits de Paris (1952)&quot;" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/nicolas-de-stael-toitsdeparis-1952-223x300.jpg" width="223" height="300" /></a></p>
<div><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/03/martine-paris-dans-la-brume-de-beaubourg...img_9324-copie.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-839 aligncenter" alt="Martine Lyon &quot;Paris dans la brume de beaubourg...&quot;" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/03/martine-paris-dans-la-brume-de-beaubourg...img_9324-copie-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a></span></div>
<div></div>
<div style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></div>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">À l’évidence, le <em>vedutisme</em> n’est pas parisien ! Pas même sous le pinceau des étrangers :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Bien que <strong>Chagall</strong> ait adopté Paris comme deuxième ville natale, il n’oublie pas ses origines russes ; quand il peint les <em>ponts de la Seine</em> ou la <em>Tour Eiffel,</em> il reste un enchanteur et mêle sans hiérarchie monuments parisiens et souvenirs d’enfance : le coq et l&rsquo;âne, le violoniste et la pendule, les bouquets et les anges, les amants et l&rsquo;acrobate peuplent ses paysages parisiens, comme s’il ouvrait simultanément une fenêtre sur son monde intérieur et une autre sur le monde extérieur.</span></li>
</ul>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>Edward Hopper,</strong> quant à lui, opte pour un point de vue très inhabituel en peinture : <em>la contre-plongée</em> ou angle de représentation du bas vers le haut. Ce procédé modifie singulièrement les perspectives ; il exagère l’importance de l’horizon et<strong> </strong>traduit l’étonnement de l’Américain devant une ville occidentale. <em>L’espace urbain</em> ainsi magnifié devient le sujet principal du tableau ; tout le reste (<em>Ponts</em>, <em>Louvre</em>, <em>Pavillon de Flore</em> ou <em>Notre-Dame</em>) est saisi sous forme d’<em>épure</em>. Visiblement, le jeune Hopper a jeté les bases de sa peinture durant ses séjours parisiens :<em> </em><em>de larges aplats de couleur et une composition basée sur quelques formes géométriques simples ; </em>les architectures structurent le tableau avec des lignes verticales, horizontales et diagonales et la Seine constitue l’axe par excellence du tableau, au même titre que les routes ou les voies ferrées dans les paysages américains. À n’en pas douter, il s’est mis à l’école de <strong>Felix Vallotton</strong>, dont le<em> Pont Neuf</em> prend des allures de plage étendue à l’infini et d’<strong>Albert Marquet</strong>, l’inlassable peintre des <em>Quais de Seine</em> entre <em>Pont des Arts</em> et <em>Pont Saint Michel</em>&#8230;<em>.</em></span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> ***</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em>Aujourd’hui on peint sur Paris</em>. Poème mural, tag, graffiti, sérigraphie, papier-peint ou fresque investissent de plus en plus la capitale. <strong>Mais pour autant, peint-on davantage sur la ville que la ville elle-même ? </strong></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Depuis une quarantaine d’années, loin des musées et des galeries, <strong>Ernest Pignon Ernest</strong> transforme l’espace urbain en <em>espace plastique et politique</em>; ses œuvres sur papier, éphémères et vulnérables comme de simples affiches, sont collées dans des lieux bien précis, dépositaires de l’Histoire. Ainsi, à l’occasion du <span style="text-decoration: underline"><strong><em>centenaire de La Commune</em></strong></span> (1971), rend-il hommage aux Insurgés en déployant des images de la Semaine Sanglante, sur les <em>marches du Sacré Cœur</em>, pour dénoncer la récupération des événements par l’Église (rappelons, en effet, que cette basilique fut érigée pour expier, entre autres, les crimes des «<em>Communeux</em>»), et, non content de cette insolence, il en colle aussi sur les escaliers du <em>Métro Charonne</em> en souvenir de la sanglante répression de la manifestation contre les agissements de l’OAS en Algérie. Il s’agit de l’image d’un cadavre, en taille réelle, reproduite à plusieurs centaines d’exemplaires, qui a pour but de provoquer un choc frontal entre le spectateur et la violence d’État. Transposée sur une toile, ce gisant aurait perdu toute sa force insurrectionnelle ; les lieux d’exposition lui donnent tout son sens.</span></li>
</ul>
<p><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/ernest-pignon-ernest-la-commune-1971.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-800 aligncenter" alt="Ernest Pignon-Ernest La Commune-1971" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/ernest-pignon-ernest-la-commune-1971-202x300.jpg" width="202" height="300" /></a></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Si <strong>Ernest Pignon Ernest</strong> réhabilite des événements pour les inscrire dans la Mémoire Nationale, d’autres artistes réveillent les murs au nom de l’Humain. Ainsi, <strong>J.R</strong>., plasticien et photographe, investit en 2009 <em>ponts et berges de la Seine</em> pour défendre la cause des Femmes : ce fut l’étonnante exposition <span style="text-decoration: underline"><strong><em>Women are heroes</em></strong></span> qui, après être passée par le Brésil, la Sierra Leone, le Liberia et le Cambodge, interpella la capitale des Droits Humains avec une force renouvelée.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/fullsizeoutput_234.jpeg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-1056 aligncenter" alt="JR Women are heroes" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/fullsizeoutput_234-300x225.jpeg" width="300" height="225" /></a></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">D’autres encore, tout aussi engagés, redonnent vie aux vieux supports. C’est ainsi que, dans le cadre de la manifestation <em>Murs de l’an 2000,</em> le duo <strong>Alechinsky-Bonnefoy</strong>, plante<span style="text-decoration: underline"><strong> <em>l’Arbre bleu</em></strong></span> rue Descartes, dans le V° arrondissement ; <a href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/alechinsky_mouffetard1.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-780 aligncenter" alt="&quot;l'Arbre bleu&quot;" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/alechinsky_mouffetard1-300x285.jpg" width="300" height="285" /></a></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">l’image explose comme un coin de ciel bleu sur la ville et rappelle que la Nature c’est la vie ! En effet, bien que la frise illustre les souffrances des végétaux en milieu urbain, l’ensemble, </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">peinture de rue et poème</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">, véhicule un discours plein de vitalité :</span></p>
<p style="text-align: center"><em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">«l&rsquo;arbre des rues,</span></em><br />
<em> <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> c&rsquo;est toute la nature,</span></em><br />
<em> <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> tout le ciel,</span></em><br />
<em> <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> l&rsquo;oiseau s&rsquo;y pose,</span></em><br />
<em> <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> le vent y bouge, le soleil</span></em><br />
<em> <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> y dit le même espoir malgré</span></em><br />
<em> <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> la mort.»</span></em></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Quant au Poème mural de la rue Férou, calligraphié par le Néerlandais <strong>Jan Willem Bruins</strong>, il donne à lire <span style="text-decoration: underline"><em><strong>Le Bateau ivre</strong></em></span> d&rsquo;<strong>Arthur Rimbaud</strong>, là-même où le poète le déclama jadis. Cette initiative culturelle, financée par l&rsquo;Ambassade des Pays-Bas à Paris, réveille la mémoire littéraire du lieu et semble faire écho au Rimbaud de papier d’<strong>Ernest Pignon Ernest</strong>, dont le fragile hommage était plus juste qu’un bronze ou un marbre solennel.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify"><a style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" href="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/rue-ferou-rimbaud1.jpg" rel="lightbox[668]"><img class="size-medium wp-image-794 aligncenter" alt="&quot;Rimbaud le Bateau ivre&quot;" src="http://annstein.unblog.fr/files/2013/02/rue-ferou-rimbaud1-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ainsi, l’art de rue interpelle le passant parisien et l’aide à comprendre la ville qui l’entoure. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI</span></strong></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> <span style="text-align: center"><iframe src="https://player.vimeo.com/video/100573350?app_id=122963" width="500" height="281" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen title="Paris, sujet et support de tableaux"></iframe></span></span></strong></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: center"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong><em><span style="color: #3366ff">Paris, topic and support of paintings</span></em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">When Paris gets caught by an artist (painter, photographer or visual artist), it is now topic now support of paintings. </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em></em><em><span style="color: #3366ff">The views rarely account for the historic town, its heritage and its modernity; installations, performances and street actions wake History and Poetry of the capital city, but it was not until the advent of Impressionism that Paris becomes subject of paintings, because the urban landscape is not an academically pictorial genre if it does not refer to the Antique. So the Gallo-Roman heritage of the capital city is poor : ruins of Cluny’s Baths, little speaking for the uninitiated, and amphitheater of Lutece’s arenas, more suggestive of a modern play area than a space dedicated to the gladiators and actors.</span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Exception to this rule of art <strong>Limbourg Brothers</strong>, miniaturists of the fifteenth century emerging and illustrators of &laquo;&nbsp;Tres Riches Heures du Duc de Berry&nbsp;&raquo; : They represent with a wealth of detail and vivid color the contemporary architectures. Three sheets of their calendar and a miniature give to see Parisian buildings. </span></em></span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">The cavalcade, illustrating the month of May, is before the Conciergerie or City Palace, royal residence and seat of power monarchy in the Gothic period; on the left stands the square tower of the Chatelet, Paris’ seat of the provost and also jail, the building is perfectly recognizable by the conical roof surmounted by towers still visible today.</span></em></span></li>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">The haymaking in June takes place along the Seine and has, also, for setting the City Palace, but this time seen from the left shore; on his right stands the Sainte-Chapelle.</span></em></span></li>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Regarding the sowing of October, they unfold before the Louvre by Charles V, defensive fortress, royal residency and library, that we know the basics.</span></em></span></li>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">At last, the picture thumbnail of Meeting of the Magi, little eastern part, has  for setting the city of Paris : we recognize without hesitation Notre-Dame and the Sainte-Chapelle.</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">These «architectural portraits», such as described the historian of Art Panofsky, are contemporaries of the Hundred Years War; they glorify with a rare Naturalism different seats of power, spiritual and temporal, presumably to show the unwavering support of Jean de France, Duc de Berry, to the king, his brother, in struggle against the English.</span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">In these pictures, Paris is both allegory of the monarchy and setting of national history.</span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">From the late 19th century, landscapes of the capital bloom, but they are striking for their peculiarity : we are far, indeed, from the detailed realism and topographic accuracy of the Venetian and Flemish vedute,  which simply put the city on postcards.</span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">The <strong>Jean Beraud</strong>’s paintings, still very academic, not drop out the reference to historical buildings, but they are primarily the echo of a fin de siècle society.</span></em></span></li>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Impressionist landscapes by <strong>Renoir</strong> or <strong>Monet</strong> still contain elements of Heritage (dome of the Académie, Square du Vert Galant, Place Dauphine, Pont Neuf and Pantheon), but lively city and Parisian light are privileged over the past.</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Finally, the historic city is ostensibly neglected by painters of Modernity, assembled around <strong>Manet</strong>; they settle in the neighborhood Saint-Georges, New Athens or Batignoles and they paint prospects of Paris Haussmann.</span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff"><strong>Monet</strong> and <strong>Caillebotte</strong> get excited about Saint-Lazare Station and the Bridge of Europe;</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff"><strong>Caillebotte</strong> and <strong>Pissarro</strong> about the Grands Boulevards, willingly apprehended from the hotel rooms; thus they inaugurate a new point of view, High Angle, which makes the air the dominant element of their paintings and wich will delight photographers &#8230;</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">This very unusual point of view will give a lyrical impulse to Cubism, substituting cubics for curves and painting feelings rather than representations. Therefore see the vertiginous Eiffel Tower by <strong>Robert Delaunay</strong> (1922), so typical of Orphism!</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">The way is open to theme roofs, classic Parisian landscape, and to the stylization of reality that it imposes: from Van Gogh to Nicolas de Stael and Cézanne, their approach will be more geometric.</span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Under the influence of the Parisian art world, particularly in the effervescent 1880, <strong>Vincent</strong> <strong>Van Gogh</strong> renews his art and paints a vast panorama with large flat areas, so that we recognize, of course, one of the mills of Montmartre on the left, but that we just guess Notre-Dame and the Pantheon to the distant; more impressionistic than naturalistic, Van Gogh focuses on the atmosphere of the city in full industrialization.</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">In contrast to Impressionists, <strong>Paul</strong> <strong>Cezanne</strong> was not interested in urban transformations but in the organization of a space, as seen from his workshop, rue de l’Ouest : the composition is contrasted, highly structured and bold, two towers surround the urban landscape, the dark roof occupies the lower third of the painting table, (this is the stroke of genius!), the city and the unfinished sky (clouds are simply drawn pencil) occupies the upper two thirds, dominated by a range of gray-yellow color; the motive is treated cubist : a square enough to be a house, an assembly of cubes an islet, this very geometric vision gives the landscape a solidity, a density characteristic of Cézanne.</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">The roofs of <strong>Nicolas de Stael </strong>are heirs of this technique : the very contrasted landscape is shared between a vaporous sky (delicately tinged with gray and blue) and remarkably dense dark roofs; but both parties are poorly demarcated by an uncertain horizon, everything happens as if the clouds prolonging roofs because they are treated with the same rectangular flat tints of color. This is &laquo;&nbsp;the admirable misleading simplicity of Nicolas de Stael&nbsp;&raquo; with Romain Gary talking about! Closely watching his technique : it is a superposition of several layers, thick, spread out with a knife, revealing pure colors in the interstices; and this is how Nicolas de Stael creates depth, how he reinvents perspective without distorting lines and without departing from the reality; indeed, his roofs easily stand comparison with the <strong>Martine</strong> <strong>Lyon</strong>’s photo, taken from the Centre Pompidou &#8230;</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Clearly, the vedutisme is not Parisian, not even under the brush of foreigners!</span></em></span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Though <strong>Marc</strong> <strong>Chagall</strong> has adopted Paris as a second hometown, he does not forget his Russian origins when he painted the bridges of the Seine and the Eiffel Tower; he is an enchanting, he mixes, without hierarchy, Parisian buildings and memories of childhood : the cock and the donkey, the violinist and the clock, bouquets and angels, lovers and Acrobat inhabit his Parisian landscapes as if simultaneously opened a window on his inner world and one on the outside world &#8230;</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff"><strong>Edward Hopper</strong> chooses another unusual point of view in painting, the contreplongée or angle representation of the bottom to the top; this process particularly changes perspectives, exaggerates the importance of the horizon, reflects the astonishment of the American before an european city : the Paris’ area is magnified and becomes the main subject of the picture; everything else (bridges, Louvre, Pavillon de Flore or Notre-Dame) is seized in the form of a working drawing. Apparently the young Hopper has laid the foundation for his paintings during his stay in Paris: large flat tints of color and composition based on a few simple geometric shapes; architectures structure the painted table with vertical, horizontal or diagonal, and the Seine is its main axis, in the same way as roads or railways in future American landscapes. </span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">No doubt Hopper was influenced by <strong>Felix Valotton</strong>,<strong> </strong>whose Pont Neuf looks like a beach extended to infinity, and by <strong>Albert Marquet</strong>,<strong> </strong>the tireless painter of the Seine between Pont des Arts and Pont Saint-Michel.</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Today we painted onto Paris: wall poem, tag, graffiti or fresco are investing more and more the capital city. </span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">But do we painted more upon the city than about the city itself ? &#8230;</span></em></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Over the past forty years, far from museums and galleries, <strong>Ernest Pignon-Ernest</strong> transforms urban space into plastic and political space; his works on paper, ephemeral and vulnerable as vulgar posters, are pasted in specific places, custodians of History. Thus for the centenary of the Commune, he makes tribute to the Insurgents deploying images of the «Bloody Week» on the steps of Sacré Coeur (to denounce the recovery of events by the Church: recall, indeed, that this basilica was built to atone for the crimes of the &laquo;&nbsp;Communeux&nbsp;&raquo;.) Not content with this insolence, he also sticks on the stairs of Metro Charonne, in memory of the bloody repression of the protest against the actions of the OAS in Algeria. This image is that of a corpse, full size, reproduced hundreds of copies; its purpose is to confront the audience with state violence; transposed onto a canvas, it would lose all its insurgent force. The exhibit places give it all its meaning.</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">If Ernest Pignon-Ernest rehabilitates events to register them in the national memory, other artists are investing walls in the name of Human: such as <strong>J.R.</strong>, artist and photographer, who invested bridges and banks of the Seine, in 2009, for the cause of women; it was the amazing exhibition &laquo;&nbsp;Women Are Heroes&nbsp;&raquo; which, after passing through Brazil, Sierra Leone, Liberia and Cambodia, asked the capital city of human rights with renewed strength &#8230;</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Others artists, equally incurred, breathe life to old media: thus, in the event «Murs pour l’an 2000», the duo <strong>Alechinsky-Bonnefoy </strong>plant a blue tree, rue Descartes, in the 5th arrondissement. The image explodes like a patch of blue sky over the city and recalls &laquo;&nbsp;the tree of the streets is all nature, all sky, the bird laying there, the wind is moving there, the sun says there the same hope in spite of death. &nbsp;&raquo; Though the frieze illustrates the suffering of the plants in urban environment, the street painting and the poem transmit a speech full of vitality.</span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">As for the wall poem in the rue Férou (in the 6th arrondissement), handwritten by Dutchman <strong>Jan Willem Bruins</strong>; it gives read &laquo;&nbsp;The Drunken Boat&nbsp;&raquo; by Arthur Rimbaud. This cultural initiative, funded by the Embassy of Netherlands to Paris, wakes up the literary memory of the place; and it seems to echo the <strong>Ernest Pignon-Ernest</strong>’s paper Rimbaud, fragile tribute wich is fairer than a bronze or a solemn marble &#8230; </span></em></span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em><span style="color: #3366ff">Thus, street art questions the Parisian pedestrian and helps him to understand the city that surrounds. </span></em></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>If you want, you can see here the video :</strong></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><p><a href="http://annstein.unblog.fr/2013/02/14/paris-sujet-et-support-de-tableaux/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>and there some photos :</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium" href="http://www.flickr.com/photos/78432622@N05/sets/72157632881081304/">http://www.flickr.com/photos/78432622@N05/sets/72157632881081304/</a></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2013/02/14/paris-sujet-et-support-de-tableaux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>17</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Felix Aublet, un art en mouvement</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2012/10/30/felix-aublet-un-art-en-mouvement/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2012/10/30/felix-aublet-un-art-en-mouvement/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2012 08:40:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[design]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Andrée Putman]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[annstein]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Art lumière]]></category>
		<category><![CDATA[Aviation]]></category>
		<category><![CDATA[Chemin de fer]]></category>
		<category><![CDATA[Design]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition de 1937]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition universelle]]></category>
		<category><![CDATA[Felix Aublet]]></category>
		<category><![CDATA[Marcel Carné]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas de Stael]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Claudel]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Publicité en mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Robert et Sonia Delaunay]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=527</guid>
		<description><![CDATA[Paris, 20 mai 2012 (en remerciement à Béatrice SINGER, qui m’a fait découvrir Felix Aublet)     Diable ! mais de qui sont ces toiles, qui donnent une troublante impression de déjà vu et d’inédit&#8230;? Si votre curiosité est piquée au vif, venez donc partager l’histoire de Felix AUBLET (1903-1978), dont je suis dépositaire depuis peu [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-align: right;font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Paris, 20 mai 2012</span></p>
<p style="text-align: right"><em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">(en remerciement à Béatrice SINGER, qui m’a fait découvrir Felix Aublet)</span></em></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><div class="album-post">
                        <div class="album-thumb">
                            <img class="albumimg" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre-150x150.jpg" onclick="print_album_264085();" alt="Felix Aublet-peintre" />
                        </div>
                        <div class="album-desc">
                            <strong>Album&nbsp;: Felix Aublet-peintre</strong><br /><br />
                            <span class="album-images-count">17 images</span><br />
                            <a href="#" onclick="print_album_264085(); return false;">Voir l'album</a>
                        </div>
                    </div>
		<script type="text/javascript">/* print_album */
			function print_album_264085() {
				createAdsReceiver();
				createReceiver(264085);
				lightLayer("block",264085);
				var flashvars = {
					imagesNbr: 17,
					maxImageWidth: 1024,
					maxImageHeight: 768,
					title: "<strong>Felix Aublet-peintre</strong><br />",
					preloaderColor: "0xffffff",
					textColor: "0xFFFFFF",
					frameColor: "0xdddddd",
					frameWidth: 2,
					stagePadding: 17,
					thumbnailColumns: 3,
					navPosition: "left",
					enableRightClickOpen: true,
					pagingArrowsColor: "0xccccff",
			"images[0]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/09/felix-aublet.jpg",
			"images[1]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre.jpg",
			"images[2]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre1.jpg",
			"images[3]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre2-758x1024.jpg",
			"images[4]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre3-1024x1008.jpg",
			"images[5]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-la-ville-1024x801.jpg",
			"images[6]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre4.jpg",
			"images[7]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre5.jpg",
			"images[8]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre6-1009x1024.jpg",
			"images[9]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/numeriser-15.jpg",
			"images[10]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-ablet-peintre.jpg",
			"images[11]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre.jpg",
			"images[12]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-pavillon-des-ch-de-fer.jpg",
			"images[13]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre1.jpg",
			"images[14]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre2.jpg",
			"images[15]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre3.jpg",
			"images[16]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre4.jpg",
			"thumbs[0]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/09/felix-aublet-150x128.jpg",
			"thumbs[1]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre-150x150.jpg",
			"thumbs[2]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre1-150x150.jpg",
			"thumbs[3]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre2-150x150.jpg",
			"thumbs[4]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre3-150x150.jpg",
			"thumbs[5]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-la-ville-150x150.jpg",
			"thumbs[6]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre4-150x150.jpg",
			"thumbs[7]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre5-150x150.jpg",
			"thumbs[8]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre6-150x150.jpg",
			"thumbs[9]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/numeriser-15-150x150.jpg",
			"thumbs[10]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-ablet-peintre-150x150.jpg",
			"thumbs[11]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre-150x150.jpg",
			"thumbs[12]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-pavillon-des-ch-de-fer-150x150.jpg",
			"thumbs[13]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre1-150x150.jpg",
			"thumbs[14]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre2-150x150.jpg",
			"thumbs[15]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre3-111x150.jpg",
			"thumbs[16]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/felix-aublet-peintre4-150x150.jpg",
			"captions[0]":"<b>felix-aublet</b> <br /> TITRE: 	 Etude D'Helice Pour Palais De L'Air<br />	 ARTISTE: 	FeÌlix Aublet (French, 1903â1978)<br />	 ANNeÌE DE ReÌALISATION: 	 1937<br />	 TAILLE: 	 28,5 x 68,5 cm",
			"captions[1]":"<b>paysage influence de cezanne</b> <br /> ",
			"captions[2]":"<b>Felix Aublet non figuratif</b> <br /> influence de nicolas de stael",
			"captions[3]":"<b>paray le monial (influence de Derain)</b> <br /> influence de derain<br /><a href='http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre2.jpg' target='_blank' rel='lightbox'>Voir l'image originale</a>",
			"captions[4]":"<b>Felix Aublet les joueurs de bridge influence de cezanne</b> <br /> <br /><a href='http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre3.jpg' target='_blank' rel='lightbox'>Voir l'image originale</a>",
			"captions[5]":"<b>Felix Aublet la ville (influence de nicolas de stael</b> <br /> <br /><a href='http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-la-ville.jpg' target='_blank' rel='lightbox'>Voir l'image originale</a>",
			"captions[6]":"<b>Felix Aublet la soeur</b> <br /> influence de ceÌzanne",
			"captions[7]":"<b>rayonnement ou la douleur</b> <br /> ",
			"captions[8]":"<b>le train va vite (expo 1937 pavillon du rail)</b> <br /> expo 37 pavillon du rail<br /><a href='http://annstein.unblog.fr/files/2012/10/felix-aublet-peintre6.jpg' target='_blank' rel='lightbox'>Voir l'image originale</a>",
			"captions[9]":"<b>metiers du rail, pavillon du rail (Expo 1937)</b> <br /> ",
			"captions[10]":"<b>metiers du rail, pavillon du rail (Expo 1937)</b> <br /> ",
			"captions[11]":"<b>metiers du rail, pavillon du rail (Expo 1937)</b> <br /> ",
			"captions[12]":"<b>metiers du rail, pavillon du rail (Expo 1937)</b> <br /> ",
			"captions[13]":"<b>metiers du rail, pavillon du rail (Expo 1937)</b> <br /> ",
			"captions[14]":"<b>metiers du rail, pavillon du rail (Expo 1937)</b> <br /> ",
			"captions[15]":"<b>felix aublet-metiers du rail-pavillon du rail (Expo 1937)</b> <br /> ",
			"captions[16]":"<b>felix aublet peintre abstrait </b> <br /> ",
			backgroundImagePath: "" };
				var params = {
					wmode: "transparent"
				};
display_album_js("flashcontent_264085", flashvars, params);
			}
		</script>
</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><span style="text-align: justify">Diable ! mais de qui sont ces toiles, qui donnent une troublante impression de </span><em style="text-align: justify">déjà vu</em><span style="text-align: justify"> et d’</span><em style="text-align: justify">inédit</em><span style="text-align: justify">&#8230;?</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Si votre curiosité est piquée au vif, venez donc partager l’histoire de <strong>Felix</strong> <strong>AUBLET</strong> (1903-1978), dont je suis dépositaire depuis peu ! Elle raconte le parcours d’un<strong> surdoué</strong> (peintre, architecte d’intérieur, décorateur, designer et publiciste), à l’aise avec la technique comme avec la recherche sur les nouveaux matériaux, particulièrement actif entre 1930 et 1950, qui vécut sous <em>le signe de la</em> <em>vitesse</em> et dont la création polymorphe cherche avant tout à restituer <em>le</em> <em>mouvement</em>.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Fils d’un peintre orientaliste (<strong>Albert</strong>), né à Tunis en 1903, <strong>Felix</strong>-<strong>Tahar</strong> s’est formé à la <em>modernité</em> en réaction contre le goût conventionnel et démodé du père.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ses talents multiples se doublent d’une attachante personnalité aristocratique : ce colosse aux cheveux roux est, en effet, un généreux, débordant d’activité, fait pour le travail en équipe, l’émulation et les échanges, n’hésitant pas à devenir l’ami voire le mécène de ses collaborateurs (parmi lesquels le couple <strong>Delaunay</strong> et <strong>Nicolas de Staël</strong> ont été privilégiés) ; ainsi a-t-il traversé le siècle discrètement, sans grand souci de gloire personnelle ni d’argent, ayant fait la part belle à <em>la création éphémère</em> (exposition universelle de 1937, campagnes publicitaires, décors de théâtre ou de cinéma, dont ceux du <em>Père humilié</em> de <strong>Claudel</strong>, en 1946, et des<em> Visiteurs du soir</em> de <strong>Carné</strong> en 1942).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Sa production n’est vraiment sortie de l’ombre qu’avec la réédition de la <strong>lampe boule</strong> par Andrée Putman (années 80), les importantes expositions d’Aix (2001) et Châteauroux (2002)<em>,</em> puis la dispersion du fonds familial en novembre 2004.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Quelles en sont les caractéristiques ?</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Contemporaine de l’essor des techniques de la vitesse (automobile, aviation, électricité et cinéma), son œuvre parle d’accélération et de corrélations intimes entre Art et Industrie.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">En témoigne le point d’orgue de sa carrière: les réalisations architecturales et décoratives pour <strong>les Pavillons de l’Air et des Chemins de fer</strong> de l’Exposition voulue par le Front Populaire pour exalter les valeurs de <em>progrès</em> et de <em>modernité</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>Felix Aublet</strong> conçoit, en collaboration avec <strong>Robert</strong> et <strong>Sonia</strong> <strong>Delaunay</strong>, deux bâtiments provisoires dont les structures métalliques sont revêtues de panneaux de Rhodoïd : matière plastique transparente, incombustible et réactive aux rayonnements ultraviolets, qui permet de concevoir un décor <em>diurne</em>, donnant à voir au grand public les dernières tendances de l’art, figuratif ou abstrait, et un décor <em>nocturne</em>, futuriste dans lequel la lumière artificielle devient matière artistique à part entière.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Dans <strong>le Palais de l’Air</strong> le monde moderne est littéralement mis en scène dans un théâtre à la Jules Vernes : des avions suspendus à la structure sont accessibles aux visiteurs par une <strong>passerelle conique</strong>, plus poétique que pratique; l’ellipse, en Rhodoïd coloré, suggère les trajectoires aériennes et le dôme en plastic transparent symbolise l’espace. Avec ce dispositif, Aublet crée l’illusion de l’univers céleste, dont il n’oublie pas la dynamique, majorée de nuit par l’utilisation de <strong>la lumière noire</strong> et de son immatérielle plasticité.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Le décor du hall était complété par des <strong>peintures murales</strong>, (trois Sonia Delaunay face à trois Aublet), dont il ne reste que des esquisses, représentant une hélice d’avion à différents stades d’accélération; cette imitation du mouvement centrifuge intéresse Aublet non seulement du point de vue plastique mais aussi du point de vue ophtalmologique, car il n’a jamais dissocié ses recherches sur les rapports forme/couleur/mouvement de recherches sur l’accommodation des cristallins et la convergence des deux yeux&#8230;</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">&#8212;</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">La décoration du <strong>Pavillon des Chemins de fer</strong> a, quant à elle, été préservée, conservée par le Mobilier national :</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">la façade, scandée par des colonnes de Rhodoïd, chante un <strong>hymne ferroviaire</strong> enthousiaste<em>. </em>Sur quatre panneaux peints en couleurs primaires, véritable pendant pictural à la Prose du Transsibérien, le chœur des formes anguleuses dialogue avec celui des courbes dans une remarquable synthèse des avant-gardes <em>puriste</em>, <em>futuriste</em> et <em>post-cubiste</em>; ainsi, la technologie du rail est rendue par la rigueur géométrique des lignes (carrés des panneaux de signalisation, croisillons des poteaux électriques) et l’ivresse de la vitesse par de lyriques volutes de fumée, la courbure des voies et la silhouette du mécanicien épousant sa «bête humaine».</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">La symphonie se poursuit à l’intérieur du Pavillon avec une série sur <strong>les Hommes du rail</strong>, (aiguilleur, mécanicien, garde-barrière) dont les corps stylisés fusionnent avec la mécanique ou les outils, dans une belle épure géométrique qui n’est pas sans rappeler <em>les Temps modernes</em> de Charlie Chaplin&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Enfin, deux grands panneaux très sobres, barrés d’un slogan, <em>le Train va vite et le Train est à l’heure</em>, témoignent des recherches d’Aublet sur la représentation de la vitesse. Il recourt ici habilement à la typographie dont le tracé augmente ou diminue avec la progression de la diagonale pour donner l’illusion d’un train sortant à grande vitesse d’un tunnel ou entrant lentement en gare.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Bien que ces grands ensembles décoratifs fassent penser à l’art des <strong>Delaunay</strong>, <strong>Léger</strong> ou <strong>Dufy</strong>, ils permettent de définir une <strong>manière</strong>, si ce n’est un style Aublet: <em>plus architecturale que picturale</em>, elle se caractérise par une composition dépouillée de tout ornement réaliste, des formes pures, un dessin au tracé net et rigoureux et surtout par <em>une obsession du mouvement</em>, qui imprègne tout l’œuvre.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">En effet, influencé par les travaux des <strong>Futuristes russes</strong> sur la <em>propagande</em>, Aublet invente <strong>la publicité qui roule</strong> et exploite le Plexiglas avec une authentique prescience du logo : bouche sensuelle pour les rouges à lèvres Stop, monumental stylo-bille pour Bic, gigantesques pelotes pour les laines Sophil, tous au profil aérodynamique.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Dans la mouvance du <strong>Bauhaus</strong> et de l’Union des Artistes Modernes de Mallet-Stevens (<strong>UAM</strong>), il crée des meubles tubulaires, sièges orientables, réglables et superposables, cloison mobile d’une ingénieuse simplicité et d’une stupéfiante beauté, astucieuses tables transformables en jardinières ou dépourvues de pieds et suspendues au plafond, sans oublier, bien sûr, la merveilleuse lampe-boule, articulée sur une lyre.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Enfin, ses <strong>tableaux de chevalet</strong>, auxquels il sera fidèle d’un bout à l’autre de sa vie, représentent d’abord une Nature animée par les éléments, puis l’exode de 1940, et finissent par s’apparenter à des «poèmes de vent et de lumière» tandis que Aublet est ironiquement condamné par son destin à un fauteuil roulant, cet «homme aux semelles de vent» a été accidenté à la moelle épinière en voulant déraciner une souche d’olivier, victime du terrible hiver 1956.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><span style="text-align: justify">Ainsi, en </span><em style="text-align: justify">créateur éclectique </em><span style="text-align: justify">et </span><em style="text-align: justify">pressé</em><span style="text-align: justify">, Felix Aublet n’aura pas pris le temps d’approfondir un style pour chacun de ses domaines de prédilection ; et, en </span><em style="text-align: justify">artiste-artisan</em><span style="text-align: justify">, il aura préféré la </span><strong style="text-align: justify">création </strong><strong style="text-align: justify">partagée</strong><span style="text-align: justify"> à l’œuvre personnelle et se sera contenté de </span>poursuivre<em></em><strong><em> </em></strong>un<span style="text-align: justify"> singulier </span>dialogue<span style="text-align: justify"> avec ces maîtres et amis plutôt que d’affirmer une forte personnalité.</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Voilà pourquoi, même après ce tour d’horizon, il reste difficile d’identifier un Aublet au première coup d’œil : que ce soit en architecture, décoration, design ou peinture, on pense d’abord à quelqu’un d’autre (Le Corbusier, Breuer, Charlotte Perriand, Cézanne ou Nicolas de Staël&#8230;)</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Et voilà pourquoi, (à l’instar des Maîtres-d’œuvre du Moyen-Âge, inséparables de leurs équipes) il semble avoir choisi le Purgatoire des Arts plutôt que la gloire!</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="text-align: center;font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI :</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><p><a href="http://annstein.unblog.fr/2012/10/30/felix-aublet-un-art-en-mouvement/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2012/10/30/felix-aublet-un-art-en-mouvement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Andrew Wyeth et Martine Lyon, l&#8217;œil ému</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2012/08/11/contemporain-des-principaux-representants-de-l%e2%80%99abstraction-americaine-pollock-de-kooning-ou-rothko-andrew-wyeth-peint-comme-on-photographie-on-le-qualifie-volontiers-de-peintre-realiste/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2012/08/11/contemporain-des-principaux-representants-de-l%e2%80%99abstraction-americaine-pollock-de-kooning-ou-rothko-andrew-wyeth-peint-comme-on-photographie-on-le-qualifie-volontiers-de-peintre-realiste/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Aug 2012 21:59:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Albrecht Dürer]]></category>
		<category><![CDATA[Andrew Wyeth]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[annstein]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Roy]]></category>
		<category><![CDATA[Clefs pour l'Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Fra Angelico]]></category>
		<category><![CDATA[le Monde de Christina]]></category>
		<category><![CDATA[Martine Lyon-Baranes]]></category>
		<category><![CDATA[Paolo Uccello]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture américaine XX°s.]]></category>
		<category><![CDATA[photographie instantanée]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=374</guid>
		<description><![CDATA[    Contemporain des principaux représentants de l’Abstraction américaine (Pollock, de Kooning ou Rothko), Andrew Wyeth peint comme on photographie. On le qualifie volontiers de peintre réaliste et régionaliste. À en croire les critiques, il puiserait son inspiration dans son quotidien de provincial : lieux et habitants du Maine ou de Pennsylvanie seraient ses sujets [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/08/549404554_a4a9cb3077_o.jpg" rel="lightbox[374]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-422" alt="Andrew Wyeth et Martine Lyon, l'œil ému dans peinture 549404554_a4a9cb3077_o-300x225" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/08/549404554_a4a9cb3077_o-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Contemporain des principaux représentants de l’Abstraction américaine (Pollock, de Kooning ou Rothko), <strong>Andrew Wyeth</strong> peint comme on photographie.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">On le qualifie volontiers de <em>peintre réaliste et régionaliste</em>. À en croire les critiques, il puiserait son inspiration dans son quotidien de provincial : lieux et habitants du Maine ou de Pennsylvanie seraient ses sujets favoris.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais ce serait faire injure à ce membre de l’Institut de France, élu en 1976, que de s’en tenir à cette lecture superficielle&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Car, loin d’être un ennuyeux représentant de l’Amérique profonde, Wyeth <em>dissimule à la surface une profondeur</em> insoupçonnée (angoisse du Temps qui passe et vulnérabilité de l’Humain) ; quant à son œuvre, elle <em>captive</em> au sens fort du terme.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Tâchons donc d’en percer le secret, sans en rompre le charme dont parle <strong>Claude Roy</strong> dans <em>Clefs pour l’Amérique</em> (1949) : « <em>Je fus pris par </em><span style="text-decoration: underline"><em>le Monde de Christina</em></span><em>. Je ne parvins ni à l’effacer, ni à l’oublier, ni à m’expliquer tout à fait sa poésie, sa tonalité assourdie qui résonne longuement. </em>»</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Pourquoi cette icône de la peinture américaine, réalisée en 1948 et exposée au MoMA, retient-elle autant l’attention ?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">D’abord, parce qu’elle représente une scène bien <strong>mystérieuse</strong> au premier coup d’œil. Deux sujets, que <strong>tout oppose, </strong>sont situés sur la diagonale du tableau, une jeune-fille et une ferme ; chacun est peint selon un<em> point de vue </em>différent, comme si le peintre était simultanément à hauteur des épaules de la jeune-fille et à hauteur des bâtiments de la ferme ; l’illusion de la profondeur est donc abolie et cette absence perturbe l’œil du spectateur dont le cerveau s’attend à créer une image en 3D et se trouve dérouté par un savant effacement de la <em>perspective linéaire</em> (ni contre-plongée sur les maisons ni plongée sur la jeune-fille).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ce procédé pictural permet à Wyeth d’insister sur la <em>verticalité</em> de la prairie et de donner l’impression qu’elle est <strong>infranchissable</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ensuite, le sentiment d’<strong>hostilité</strong>, qui baigne cette toile, est majoré par la position de la jeune-fille : corps tendu, jambes inertes, pieds sans appui et main gauche nettement plus en avant que la droite font imaginer qu’elle grimpe la prairie à la seule force de ses bras.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Enfin, <strong>l’antagonisme</strong> est créé par une autre abolition, celle de<em> la perspective atmosphérique</em>. L’éclairage, en effet, n’a rien de réaliste : il est violemment focalisé sur la robe rose, de fait surexposée et blanchâtre, et il laisse le reste de la scène dans une atmosphère plus terne, imposant un choix de valeurs trop foncées pour ce début d’après-midi estival, suggéré par les ombres ; il rend ainsi les maisons quasi menaçantes.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> <strong>Wyeth</strong> a donc représenté une scène plus <em>pathétique</em> que bucolique, une scène inspirée par un <em>instantané </em>: ayant surpris sa voisine poliomyélitique, <strong>Christina Olson</strong>, en train de faire un effort d’autonomie, il a savamment et élégamment recomposé la scène au moyen de procédés artistiques, hérités de la Renaissance, porteurs <em>et</em> de sens <em>et</em> de mystère : en effet, <em>le dédoublement du point de vue et l’éclairage insolite</em> voilent et dévoilent à la fois le sujet du tableau (et on pense aussi bien à l’art de <strong>Paolo Uccello</strong> qu’à celui de <strong>l’Angelico</strong>).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ces analogies ne doivent pas faire bondir le profane car les maîtres renaissants ont contribué à la formation de Wyeth autant sinon plus que son père (<strong>Newell Converse Wyeth</strong>,<strong> </strong>1882-1945), célèbre dessinateur et illustrateur, qui eut le bon goût d’offrir à son fils, encore tout jeune, une monographie d’<strong>Albrecht</strong> <strong>Dürer</strong>. N’en doutons pas, cette précoce fréquentation a forgé son r<strong>éalisme intransigeant</strong>, et il n’est pas rare que ses végétaux ou ses animaux rappellent ceux du maître allemand.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais Wyeth, avons-nous dit, peint aussi comme on <strong>photographie</strong> et il convient de révéler une autre parenté, ô combien troublante ! entre son regard et celui de <strong>Martine Lyon</strong>, photographe contemporaine, dont les clichés sont encore accessibles.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ils ont en commun un art de capter ce que le commun ne voit pas, un point de vue très inhabituel sur ce qui nous entoure, révélateur d’une sensibilité poétique, teintée de mélancolie, et d’une émotion pure devant les choses vues.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Jugez plutôt ! &#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Elle (à droite sur les images) est plus citadine, lui (à gauche) plus rural, mais ils sont touchés par les mêmes motifs, partagent les mêmes coloris et les mêmes cadrages, ont un même regard sur le cycle des saisons, donc sur l’implacable écoulement du Temps, et une même approche dédramatisée de la mort :</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.26.26.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-479" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.26.26-300x112 Albrecht Dürer dans photographie" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.26.26-300x112.png" width="300" height="112" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.25.36.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-475" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.25.36-300x111 Andrew Wyeth" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.25.36-300x111.png" width="300" height="111" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.25.57.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-477" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.25.57-300x112 Anne Steinberg-Viéville" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.25.57-300x112.png" width="300" height="112" /></a></span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.28.29.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-485" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.28.29-300x111 annstein" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.28.29-300x111.png" width="300" height="111" /></a></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.26.12.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-478" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.26.12-300x111 Claude Roy" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.26.12-300x111.png" width="300" height="111" /></a></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.29.29.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-490" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.29.29-300x111 Clefs pour l'Amérique" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.29.29-300x111.png" width="300" height="111" /></a></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.29.04.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-488" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.29.04-300x111 Fra Angelico" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.29.04-300x111.png" width="300" height="111" /></a></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.28.39.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-486" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.28.39-300x112 le Monde de Christina" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.28.39-300x112.png" width="300" height="112" /></a></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.30.34.png" rel="lightbox[374]"><img class="alignnone size-medium wp-image-495" alt="capture-dcran-2012-09-22-14.30.34-300x112 Martine Lyon-Baranes" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/10/capture-dcran-2012-09-22-14.30.34-300x112.png" width="300" height="112" /></a></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>Conclusion</strong> :</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Avouez que cet essai est riche de révélations !&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Hormis le public parisien des expositions confidentielles, qui avait vu un panorama des peintures à la tempera d’Andrew Wyeth ?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Et hormis une chapelle de «happy few» et de sinologues, qui connaissait les clichés de Martine Lyon ?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Deux talents, méconnus en France, sortent ainsi du Purgatoire des Arts pour donner à voir le mystère du quotidien et éduquer notre œil ; car ils nous enseignent que </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em>« l’art est dans le regard et non dans la chose regardée. »</em></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI :</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><p><a href="http://annstein.unblog.fr/2012/08/11/contemporain-des-principaux-representants-de-l%e2%80%99abstraction-americaine-pollock-de-kooning-ou-rothko-andrew-wyeth-peint-comme-on-photographie-on-le-qualifie-volontiers-de-peintre-realiste/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></span></p>
<p style="text-align: center">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2012/08/11/contemporain-des-principaux-representants-de-l%e2%80%99abstraction-americaine-pollock-de-kooning-ou-rothko-andrew-wyeth-peint-comme-on-photographie-on-le-qualifie-volontiers-de-peintre-realiste/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Portraits de lectrices</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2012/05/07/portraits-de-lectrices/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2012/05/07/portraits-de-lectrices/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 May 2012 06:28:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[annstein]]></category>
		<category><![CDATA[Antonello da Messina]]></category>
		<category><![CDATA[Art et Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Picasso]]></category>
		<category><![CDATA[van der Weyden]]></category>
		<category><![CDATA[Vermeer]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=341</guid>
		<description><![CDATA[Le thème de la lectrice est un lieu commun de la peinture, souvent prétexte à représenter des corps désirables. Il connut toutefois deux âges d’or avec l’avènement d’un Humanisme féminin à la Renaissance et avec les progrès de l’éducation des filles qu’accompagne le triomphe des Lumières et de la Bourgeoisie. Ainsi, parmi les abondants portraits de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Le <strong>thème de la lectrice</strong> est un lieu commun de la peinture, souvent prétexte à représenter des corps désirables. </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Il connut toutefois deux âges d’or avec l’avènement d’un <em>Humanisme féminin</em> à la Renaissance et avec les <em>progrès de l’éducation des filles</em> qu’accompagne le triomphe des Lumières et de la Bourgeoisie.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ainsi, parmi les abondants portraits de lectrices, il en est d’hors normes qui nous interpellent.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Et d’abord celui d’</span><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Antonello da Messina </strong>(1476-77), conservé au palais Abatellis, qui surprend et captive à la fois par un laconisme bien mystérieux.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/antonello_da_messina_035.jpg" rel="lightbox[341]"><img class="size-medium wp-image-582 aligncenter" alt="Antonello_da_Messina Annonciation" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/antonello_da_messina_035-224x300.jpg" width="224" height="300" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">En dehors de tout contexte, historique ou mythologique, une jeune femme se détache sur un <em>fond noir </em>; elle en train de lire un livre, posé sur un lutrin de table, et semble surprise sur sa droite par l’irruption d’une lumière inhabituelle (le mouvement de ses yeux et le geste de sa main parlent d’eux-mêmes.)</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Des <em>formes</em> <em>géométriques</em>, presque abstraites, composent <em>l’ovale</em> de son visage et le <em>triangle</em> de son voile ; ni auréole ni attribut ne permettent de l’identifier si ce n’est la couleur de son vêtement, <em>bleu marial</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ici, l’économie de moyens est donc à son comble pour représenter Marie interrompue par l’annonce d’un ange Gabriel, immatériel et ineffable au point de rester hors-champ !</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Car il s’agit bien d’une <strong>Annonciation</strong>, mais d’une <em>Annonciation</em> <em>elliptique</em>, peinte sous <em>la forme d’un instant</em> et non, comme à l’accoutumée, sous la forme d’un récit !</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Cette audace picturale nous vaut un exceptionnel portrait de femme, frontal, à mi-corps, d’une sobriété sans pareille, qui ne semble avoir été réalisé que pour donner à voir <em>les prouesses de la peinture à l’huile</em>, nouvellement introduite en Italie. Héritier de <strong>van Eyck</strong>, <strong>Antonello</strong> se désintéresse de la narration comme de la psychologie (sa Vierge n’exprime en effet rien d’autre que la surprise) mais il se concentre sur la composition, les jeux de lumière, et la technique, bref sur la peinture elle-même, tel un artiste moderne. Et devant ce <em>visage peint pour lui-même</em>, jamais il ne vient à l’esprit qu’il puisse s’agir d’un fragment&#8230;</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Devant la lectrice de </span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">van der Weyden </strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">(1438?), visible à la National Gallery de Londres, on serait tenté, à tort, d’éprouver le même sentiment, tant ce fragment de retable se suffit à lui-même.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/marie_madeleine_lisant.jpg" rel="lightbox[341]"><img class="alignnone size-medium wp-image-607" alt="Van der Weyden Marie-Madeleine lisant" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/marie_madeleine_lisant-262x300.jpg" width="262" height="300" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Une jeune femme très racée (peau claire, pommettes saillantes et grands yeux en amande), somptueusement vêtue de vert et or, est adossée contre un meuble ; elle lit attentivement un livre dont la reliure protégée par une chemise blanche et les fermoirs métalliques indiquent qu’il s’agit d’une Bible ; elle est étonnament humanisée par le rendu de la carnation et des textures, et surtout par cet exceptionnel sens de l’intériorité, qui est la marque du maître Flamand ; en outre, sa tête légèrement penchée dans le prolongement du dos, l’inscrit <em>dans une forme semi-circulaire</em> qui majore l’impression d’être en face d’un portrait laïc<em>. </em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais un plan élargi dévoile une <strong>Conversation Sacrée</strong>, ayant pour cadre une riche chapelle privée, ouverte sur un paysage ; hormis la lectrice, d’autres présences humaines se devinent, identifiés grâce aux fragments de Lisbonne, Catherine d’Alexandrie, en rouge et pieds nus, et Joseph, avec canne et chapelet, complèteraient la réunion des saints autour d’une Madone.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais surtout, le fragment en son entier donne des indices qui permettent de dire que la lectrice, posée sur un coussin rouge, dans une belle harmonie de couleurs complémentaires, n’est autre que <strong>Marie-Madeleine</strong> : au premier plan, le pot d’albâtre contenant les onguents, avec lesquels elle a frotté les pieds du Christ ressuscité, et les mèches de cheveux dépassant de son voile, dont l’érotisme, torride pour l’époque, trahit son passé de prostituée !</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Quelle que soit son « impureté », la Marie-Madeleine de van der Weyden dégage une impression de sérénité, fruit conjugué du repentir et de la lecture, ce « vice » décidément « impuni. »</span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Avec</span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"> la Liseuse à sa fenêtre</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"> de </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Vermeer</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> (1657), un rideau s’ouvre, bien entendu, sur </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">le théâtre de l’intime</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> mais surtout sur un </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">espace pictural très singulier</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">, fait pour tromper l’œil du spectateur, si bien que le sujet du tableau n’est pas celui qu’on croit !</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/vermeer-liseuse-a-sa-fenetre-1658-coll-nationales-de-dresde.jpg" rel="lightbox[341]"><img class="alignnone size-medium wp-image-599" alt="Vermeer liseuse à sa fenêtre 1658 coll nationales de Dresde" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/vermeer-liseuse-a-sa-fenetre-1658-coll-nationales-de-dresde-229x300.jpg" width="229" height="300" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Moins soucieux de faire le portrait d’une lectrice concentrée, Vermeer s’est attaché à peindre<em> la diffusion de la lumière </em>dans un intérieur<em>.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Contrairement à la pratique caravagesque, l’œil ne passe pas progressivement du clair à l’obscur, mais bien d’un premier plan très sombre à un arrière plan rayonnant de clarté ; et contrairement à toute attente, l’éclairage n’est focalisée ni sur la jeune femme ni sur la lettre, mais sur <em>le point de fuite</em>, soit sur le mur du fond, nu, et sur le satin vert de la tenture, dépourvue de tout ornement !</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Assurément, nous sommes devant <em>une réflexion sur la peinture elle-même </em>plutôt que devant une scène de genre ; mieux encore, nous participons à une <em>réflexion sur la vision </em>et sur <em>la nature de l’image</em>, puisque la composition de ce tableau privilégie la fenêtre, lieu où s’abolit la frontière entre le dedans et le dehors, le réel et le reflet.</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">La Lecture</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"> de </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Picasso</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> (1932), à l’enchanteur graphisme, nous fait, en revanche, partager l’émotion du peintre devant son très jeune modèle, Marie-Thérèse Walter.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/picasso-la-lecture.jpg" rel="lightbox[341]"><img class="alignnone size-medium wp-image-602" alt="picasso la lecture" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/picasso-la-lecture-237x300.jpg" width="237" height="300" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em>« Là tout est calme et beauté, silence et volupté »</em> ; les couleurs élémentaires sont plus fraîches que vives et les contours sinueux inventent une femme-fleur aussi extraordinaire que désirable.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Liseuse endormie ou liseuse méditative, elle s’offre aux regards avec innocence et l’artiste, ébloui par tant de jeunesse et de beauté, inaugure <em>un style tout en lignes courbes</em>, pour représenter ses volumes sensuels : arabesques de la longue chevelure blonde et des bras fusionnant avec les accoudoirs du fauteuil ; arrondis des seins et du visage dont les deux approches (de face et de profil) se marient sans heurt ; arabesques du ventre dans lequel vient se loger le livre ouvert, faisant de <em>la lecture une métaphore du plaisir et de la fécondité</em>.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ainsi, l’iconographie de la Renaissance n’a pas hésité à faire de la femme<strong> une lectrice</strong>, donc une <strong>lettrée</strong>, et a rendu hommage au Christianisme, qui n’est pas étranger à l’essor de l’Humanisme féminin. Quant à l’iconographie laïque et moderne, elle s’est emparée exceptionnellement du thème pour questionner la nature-même de la peinture ou de la lecture. Et cela nous a valu de rares toiles mystérieuses, dont il convenait de percer le secret&#8230;</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="text-align: justify;font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><iframe src="https://player.vimeo.com/video/191151971?app_id=122963" width="500" height="281" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen title="la lectrice"></iframe></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">&lt;a href=&nbsp;&raquo;http://www.123ici.com/annu.asp/num/2474/site/316807&Prime; Target=&nbsp;&raquo;_blank&nbsp;&raquo;&gt;Annuaire des Blogs &#8211; inscrivez votre Blog !&lt;/a&gt;</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2012/05/07/portraits-de-lectrices/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le cercle dans tous ses états</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2012/04/29/le-cercle-dans-tous-ses-etats/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2012/04/29/le-cercle-dans-tous-ses-etats/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Apr 2012 14:20:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[géométrie]]></category>
		<category><![CDATA[optique]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Alberti]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[annstein]]></category>
		<category><![CDATA[bellini]]></category>
		<category><![CDATA[carpaccio]]></category>
		<category><![CDATA[cercle]]></category>
		<category><![CDATA[cezanne]]></category>
		<category><![CDATA[disque de Newton]]></category>
		<category><![CDATA[figure géométrique en art]]></category>
		<category><![CDATA[géométrisme lyrique]]></category>
		<category><![CDATA[kandinsky]]></category>
		<category><![CDATA[kupka]]></category>
		<category><![CDATA[la pala de San Zaccaria]]></category>
		<category><![CDATA[le pont de Maincy]]></category>
		<category><![CDATA[légende de ste Ursule]]></category>
		<category><![CDATA[Marcel Proust]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas de Stael]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Klee]]></category>
		<category><![CDATA[piero della francesca]]></category>
		<category><![CDATA[Pompéi]]></category>
		<category><![CDATA[retable de Brera]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Delaunay]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences physiques]]></category>
		<category><![CDATA[villa des mystères]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=331</guid>
		<description><![CDATA[    Un goût immodéré pour la forme circulaire est à l’origine du conte pictural que vous allez voir : il écrit l’histoire de cette fascinante figure géométrique, qui s’impose à l’œil du spectateur comme à l’esprit du peintre et qui nous promène de l’Antiquité romaine au « Géométrisme lyrique ». Pourquoi cette fascination ? Que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><img class="aligncenter" alt="KANDINSKY. gravitation 2" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/kandinsky.-gravitation-2.jpg" width="236" height="220" /> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Un goût immodéré pour <strong>la forme circulaire</strong> est à l’origine du <em>conte pictural</em> que vous allez voir : il écrit l’histoire de cette fascinante figure géométrique, qui <strong>s’impose</strong> à l’œil du spectateur comme à l’esprit du peintre et qui nous promène de l’Antiquité romaine au « <em>Géométrisme lyrique »</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Pourquoi cette fascination ?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Que ce soit la courbe, l’arc de cercle, le cercle en son entier ou la sphère, il s’agit toujours de formes esthétiques, plus signifiantes que décoratives, qui donnent un profond sentiment de sérénité. Car, devant une <em>courbe</em>, <em>« le cerveau remplit les vides »</em>, cherche le centre et complète spontanément la circonférence ; voilà pourquoi cette ligne suggère l’idée du Tout et de l’Harmonie.</span></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ainsi, devant la fresque rouge cinabre de </span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">la villa des Mystères</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">, (I° siècle avant l’ère chrétienne), le regard </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">est d’abord attiré par </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"><span style="font-size: large">la Danseuse nue</span>,</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> vue de dos : e</span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">lle est tout en lignes courbes : bras arrondis au-dessus de la tête, hanches avantageuses, cambrure des pieds nettement soulignée par un jeu d’ombre et de lumière. Mais ce qui séduit plus encore que cette évocation de la féminité, c’est l’écharpe posée sur son épaule ; elle forme un demi-cercle parfait qui tempère la transe bachique (si mystère en l’honneur de Dionysos il y a) et qui apaise l’effroi provoqué par le rite d’initiation sexuelle (s’il s’agit plutôt d’une cérémonie pré-nuptiale.) </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">La courbe semble douée d’un pouvoir magique et imposer un ordre supérieur aux excès des fêtes gréco-romaines. </span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/pompei-villa-des-mysteres.jpeg" rel="lightbox[331]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1165" alt="villa des mystères Pompéï danseuse" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/pompei-villa-des-mysteres-181x300.jpeg" width="181" height="300" /></a></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Rien d’étonnant alors que, dans la symbolique chrétienne, elle signifie la présence divine et domine volontiers dans les <strong>Conversations sacrées.</strong> </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais nous sommes loin d’un cliché pictural ! l’arc de cercle y est introduit avec une surprenante variété. </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Pour matérialiser l’Esprit Saint, dans</span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"> le retable de Brera</em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"> (1472) </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Piero della Francesca</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> se sert de la nouvelle architecture, inventée par <strong>Alberti</strong>, et son dessin de la voûte à caissons est en résonance avec la coquille et l’œuf (symboles de perfection et de plénitude) ; le tout impose à la scène un silence bien paradoxal qui transforme la conversation en méditation sacrée.</span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter" alt="Résultat de recherche d'images pour &quot;retable de brera&quot;" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9e/Piero_della_Francesca_046.jpg" width="338" height="495" /></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Giovanni Bellini</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">, quant à lui, dans </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">la Pala de san Zaccaria (</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">1505) trace une bouleversante courbe autour de Catherine d’Alexandrie, à gauche de la Madonne : amorcée par la palme du martyre et prolongée par le drapé de son vêtement, elle épouse les formes de la sainte, telle une </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">image fantomatique</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> de la roue de son supplice qui, rappelons-le, s’est miraculeusement brisée contre son corps. </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">En outre cette courbe unit géométriquement Catherine à Pierre puisque le point de départ de l’arc n’est autre que la nuque du Père fondateur de l’Église et le point d’arrivée ses pieds, avec une subtile citation de violet sur le vêtement des deux personnages. </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ici, l’arc de cercle réalise la communion des saints ! </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Alors que dans un cadre plus profane, il est simplement symbole de calme.</span></li>
</ul>
<p><img class="aligncenter" style="font-family: arial, helvetica, sans-serif" alt="Résultat de recherche d'images pour &quot;la pala di san zaccaria bellini&quot;" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d7/Pala_di_San_Zaccaria_%28Venezia%29.jpg/1200px-Pala_di_San_Zaccaria_%28Venezia%29.jpg" width="277" height="495" /></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Voyez plutôt l’épisode de <span style="text-decoration: underline">la Légende de sainte Ursule,</span> qui relate l’arrivée des pèlerins dans </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Cologne assiégée par les Hun</em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">s : </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Carpaccio</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> réalise un cercle parfait en jouant sur le reflet du pont dans l’eau ; non seulement il rend compte ainsi de l’immobilité de l’air et de l’harmonie des éléments (indifférents aux fureurs humaines), mais surtout, en bon Vénitien, il inscrit une lénifiante invitation au rêve au sein d’une scène de guerre et de menace ; fermé par cette courbe, son paysage de lagune fait contrepoint à la présence des armées, de l’oiseau de mauvais augure et de la coque noire du navire, tous annonciateurs de deuil et de martyre. </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais tous les ponts sur l’eau n’ont pas la même fonction poétique !</span></li>
</ul>
<p><img class="aligncenter" style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify" alt="Résultat de recherche d'images pour &quot;cologne assiégé par les huns&quot;" src="https://mh.viviani.org/ste_ursl/pages/jpg/7cologne/7%20cologne.jpg" width="449" height="495" /></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify">Ainsi</span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify"> le pont de Maincy</em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify"> est pour </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">Cézanne</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify"> un prétexte à réaliser une forme abstraite ; sous les arches, il inaugure une nouvelle technique picturale faite de petites touches formant des carrés de couleur, en somme des lignes droites dans une ellipse, (technique très en avance pour son temps, puisqu’elle date des années 1879-80 et qu’elle préfigure la manière de</span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify"> Paul Klee</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify"> si ce n’est celle de </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">Nicolas de Staël.</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">) </span></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ici, le pont constitue une sorte de cible pour attirer l’œil du spectateur sur l’art de déposer la peinture sur la toile !</span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify"><img class="aligncenter" alt="Le cercle dans tous ses états dans géométrie" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6e/Cezanne_Maincy.JPG" /></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify">Et l’on sent que, dans quelques années, formes et couleurs autonomes se substitueront au sujet, que les artistes ne se contenteront plus de faire circuler la lumière dans un paysage mais prendront la lumière elle-même pour sujet du tableau. Ce sera l’âge d’or du </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em>«Géométrisme lyrique»</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify"> et des expériences basées sur le disque de Newton (un disque composé des couleurs de l&rsquo;arc-en-ciel qui, en rotation rapide, semble blanc et prouve que la lumière est une combinaison de couleurs.) </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Fondée sur ces propriétés dynamiques de la couleur, l’œuvre du Tchèque </span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Kupka </strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">regorge de cercles, spirales, ovales et courbes : elle marque le triomphe de</span><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"><span style="font-size: large"> l’abstraction circulaire et chromatique</span> </em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">; c’est une œuvre sérieuse, issue de recherches en Sciences Physiques, et pourtant, elle fait davantage penser aux </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">« fleurs japonaises </em><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">»</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> chères à <strong>Marcel Proust</strong> qu’à l’austère production des </span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Suprématistes</strong></span><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </em><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">ou qu’aux disques redondants de </span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Robert Delaunay</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">. Ce rapprochement avec Proust n’est pas fortuit : </span><span style="font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">Autour d’un point</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> (monumentale toile, dont l’élaboration s’étend sur trois décennies) tire son origine de l’observation d’une fleur de lotus sur l’eau ; certes, Kupka lui fait subir un traitement abstrait, privilégie les lignes centrifuges et centripètes mais il les enchevêtre de telle manière que l’on devine, selon que l’on est disposé, une forme végétale ou la gravitation des planètes. Quoi qu’il en soit, on subit le charme de cette peinture, dynamique et sensuelle pour ne pas dire voluptueuse.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><img alt="Résultat de recherche d'images pour &quot;Autour d’un point&quot;" src="https://2.bp.blogspot.com/-Jb_p9w48fdE/WCmN9PfODiI/AAAAAAAABDE/hfOas7lozhYnJ8_nqeR2ZwxW274fy4LdgCLcB/s1600/kupka%2Bautour%2Bd%2527un%2Bpoint.jpg" width="499" height="495" /></p>
<ul style="text-align: center">
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify">La dimension planétaire se retrouve, bien entendu, dans l’œuvre éblouissante de </span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">Kandinsky</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify"> qui use de la géométrie à contremploi pour créer d’enchanteurs lâchers de ballons multicolores, qui semblent flotter en apesanteur. Tels des météores, ils déferlent du néant pour converger vers un centre. </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Mais davantage de mots risquerait de tuer cette poésie cosmique et spirituelle, alors laissons-nous émerveiller par ces drôles de phosphènes&#8230;</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> <img class="aligncenter" alt="Image associée" src="http://www.phaidon.com/resource/kandinsky-circles.jpg" width="486" height="495" /></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Bien que dynamiques, les formes rondes sont donc apaisantes et, bien que symboles d’unité, elles évoquent aussi la diversité par la gamme infinie de leurs agencements ; en somme, elles réalisent l’alliance des contraires (objet de toute quête poétique).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Nul n’en a mieux parlé que <strong>Vassily Kandinsky, </strong>poète des sphères s’il en est. </span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Alors laissons lui le dernier mot :</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em>« Pourquoi le cercle me captive ? </em>- écrit-il, en 1930, à son ami Will Grohmmann &#8211; c<em>’est qu’il est 1°) la forme la plus modeste mais qui s’impose sans scrupule; 2°) précis mais inépuisablement variable; 3°) stable et instable; 4°) silencieux et sonore. </em>»</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI :</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> <p><a href="http://annstein.unblog.fr/2012/04/29/le-cercle-dans-tous-ses-etats/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">&lt;a href=&nbsp;&raquo;http://www.123ici.com/annu.asp/num/2474/site/316807&Prime; Target=&nbsp;&raquo;_blank&nbsp;&raquo;&gt;Annuaire des Blogs &#8211; inscrivez votre Blog !&lt;/a&gt;</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"> </span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2012/04/29/le-cercle-dans-tous-ses-etats/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Egon Schiele : Le Moi, l’Eros et la Mort (une poésie expressionniste)</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2012/04/22/egon-schiele/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2012/04/22/egon-schiele/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 17:42:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[autoportrait]]></category>
		<category><![CDATA[paysage]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[ville]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[arbres et villes en art]]></category>
		<category><![CDATA[Egon Schiele]]></category>
		<category><![CDATA[Expressionnisme]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture autrichienne]]></category>
		<category><![CDATA[sécession viennoise]]></category>
		<category><![CDATA[tournesol]]></category>
		<category><![CDATA[Vienne 1900]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=322</guid>
		<description><![CDATA[Météore de la vie artistique viennoise, Egon Schiele est parvenu, en douze ans d’activité, à laisser une œuvre forte, prolifique et très personnelle, dont le succès (d’estime ou de scandale) ne s’est pas démenti depuis un siècle (la vente d’un paysage urbain, en juin 2011, a battu des records). Animée par l’énergie et l’extravagance de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/egon-schiele-093.jpg" rel="lightbox[322]"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/egon_schiele_075.jpg" rel="lightbox[322]"><img class="size-medium wp-image-1103 aligncenter" alt="Egon_Schiele_ Autoportrait" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/egon_schiele_075-205x300.jpg" width="205" height="300" /></a></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Météore de la vie artistique viennoise, <strong>Egon Schiele</strong> est parvenu, en douze ans d’activité, à laisser une œuvre forte, prolifique et très personnelle, dont le succès (d’estime ou de scandale) ne s’est pas démenti depuis un siècle (la vente d’un paysage urbain, en juin 2011, a battu des records).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Animée par <em>l’énergie</em> et <em>l’extravagance</em> de la jeunesse, les élans vitaux et une irrésistible curiosité pour le corps et le sexe, son œuvre est aussi marquée par une conscience <em>adolescente</em>, partagée entre la hâte de grandir (que traduit le fantasme de fonder une famille) et une <em>hantise</em> <em>de la mort</em>, que le décès prématuré du père, victime de syphilis, conjuguera à jamais avec le <em>plaisir sexuel</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Il importera donc à ce Rimbaud de la peinture (décédé à 28 ans de la grippe espagnole) d’<strong>exprimer</strong> les tourments de sa vie intérieure, liés à la prise de conscience de la vulnérabilité de la condition humaine. Quelle que soit la technique (aquarelle, gouache, pastel, crayon/papier ou huile /toile) et quel que soit le <em>motif</em> (portrait, nu, arbre ou ville), Egon Schiele n’a, en effet, qu’un <em>sujet</em> : <strong>la tension que fait naître en lui l’affrontement entre pulsions de Vie et de Mort</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">À son service, un « crayon » rapide et nerveux, des compositions dépouillées et volontiers envisagées en vision plongeante ; mais reconnaissons que ces <em>moyens</em> sont aussi connus que les images érotiques et narcissiques de son mal de vivre ; alors, tournons notre regard vers les<strong> métaphores végétales et urbaines</strong>, plus rarement étudiées.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><div class="album-post">
                        <div class="album-thumb">
                            <img class="albumimg" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/009amolenuvolette.it1911-arbres-dautomne-150x150.jpg" onclick="print_album_266950();" alt="Egon Schiele" />
                        </div>
                        <div class="album-desc">
                            <strong>Album&nbsp;: Egon Schiele</strong><br /><br />
                            <span class="album-images-count">9 images</span><br />
                            <a href="#" onclick="print_album_266950(); return false;">Voir l'album</a>
                        </div>
                    </div>
		<script type="text/javascript">/* print_album */
			function print_album_266950() {
				createAdsReceiver();
				createReceiver(266950);
				lightLayer("block",266950);
				var flashvars = {
					imagesNbr: 9,
					maxImageWidth: 1024,
					maxImageHeight: 768,
					title: "<strong>Egon Schiele</strong><br />",
					preloaderColor: "0xffffff",
					textColor: "0xFFFFFF",
					frameColor: "0xdddddd",
					frameWidth: 2,
					stagePadding: 17,
					thumbnailColumns: 3,
					navPosition: "left",
					enableRightClickOpen: true,
					pagingArrowsColor: "0xccccff",
			"images[0]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/009amolenuvolette.it1911-arbres-dautomne.jpg",
			"images[1]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/image11159.jpg",
			"images[2]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon_schiele_028.jpg",
			"images[3]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/tumblr_lc4iy51ivu1qe984co1_1280.jpg",
			"images[4]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon-schiele-832385.jpg",
			"images[5]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/schiele_four_trees.jpg",
			"images[6]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon-schiele-090.jpg",
			"images[7]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/u6ij2.jpg",
			"images[8]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon_schiele_035.jpg",
			"thumbs[0]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/009amolenuvolette.it1911-arbres-dautomne-150x150.jpg",
			"thumbs[1]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/image11159-150x150.jpg",
			"thumbs[2]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon_schiele_028-150x150.jpg",
			"thumbs[3]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/tumblr_lc4iy51ivu1qe984co1_1280-150x150.jpg",
			"thumbs[4]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon-schiele-832385-150x150.jpg",
			"thumbs[5]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/schiele_four_trees-150x150.jpg",
			"thumbs[6]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon-schiele-090-150x150.jpg",
			"thumbs[7]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/u6ij2-150x150.jpg",
			"thumbs[8]":"http://annstein.unblog.fr/files/2012/11/egon_schiele_035-150x150.jpg",
			"captions[0]":"<b>egon scheile, arbres d'automne</b> <br /> ",
			"captions[1]":"<b>egon schiele arbre</b> <br /> ",
			"captions[2]":"<b>egon schiele arbres</b> <br /> ",
			"captions[3]":"<b>egon schiele arbre en hiver</b> <br /> ",
			"captions[4]":"<b>Egon Schiele arbre</b> <br /> ",
			"captions[5]":"<b>egon schiele trois arbres</b> <br /> ",
			"captions[6]":"<b>Egon Schiele fleur</b> <br /> ",
			"captions[7]":"<b>egon schiele arbre</b> <br /> ",
			"captions[8]":"<b>egon schiele paysage urbain</b> <br /> ",
			backgroundImagePath: "" };
				var params = {
					wmode: "transparent"
				};
display_album_js("flashcontent_266950", flashvars, params);
			}
		</script>
</span></p>
<ol style="text-align: justify">
<li style="text-align: left"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong>Autoportrait végétal </strong>:</span></li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify">Un rapide diaporama des </span><span style="font-size: large"><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">arbres</strong><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify"> et </span><strong style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">tournesols</strong></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large;text-align: justify"> suffit pour comprendre qu’Egon Schiele n’est ni un Réaliste ni un Figuratif, au sens strict du terme ! il ne peint pas sur le motif, il ne décrit pas mais crée un monde, différent du monde réel. Pour lui, plus que pour quiconque,</span><span style="font-size: large"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">« un paysage est un état d’âme »</em></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif">sur lequel il transpose sa propre névrose, réalisant ainsi une authentique image poétique (soit</span></span></span><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><em style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;text-align: justify">un transport de sens</em><span style="text-align: justify">, traduction littérale de μεταφορά</span><span style="text-align: justify">).</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Tous ses végétaux, en effet, sont jeunes, frêles et mal enracinés au point d’avoir besoin de tuteurs et de s’apparenter au corps anorexique du peintre, dont les bras soutiennent la tête, douloureux siège de l’angoisse existentielle ; et tous disent la difficulté de croître et de se tenir debout, au sens propre comme au figuré.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Tous sont si dépouillés ou sur le point de l’être, en proie au vent, au froid ou aux crépuscules des mortes saisons, qu’ils transmettent le même sentiment de vulnérabilité que les nus, arides terrains d’affrontement entre Eros et Thanatos.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Leurs troncs et leurs branches sont distordus au point d’exprimer la souffrance avec la même vigueur que les mains disloquées, et la même expressivité que les visages grimaçants.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Enfin, ils se détachent sur un fond toujours irréel, souvent terne, et transmettent une écrasante sensation de mélancolie. Symboles de fécondité et de flétrissure, les végétaux sont, à l’instar des humains, soumis aux cycles naturels ; la Mort rode sous leur écorce comme elle rode sous la peau et les tourments de la nature donnent à voir ceux de l’homme.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="text-align: center;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> I<strong>I. Autoportrait urbain :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">De même qu’il se sent aussi nu et vulnérable qu’un petit arbre d’automne, Egon Schiele se sent aussi <em>mort-vivant</em> qu’une <strong>ville</strong> de sa composition.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Une ville toujours provinciale, tragiquement vide, fluviale et dont la partie supérieure ou inférieure est occupée par une eau, qui fait planer la menace d’une catastrophe naturelle.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Une ville, appréhendée en vision plongeante, sans autres traces de présence humaine que du linge ou des barques, dont le tissu urbain est si serré qu’il dit l’asphyxiante difficulté d’y vivre, et dont les maisons, aux murs obliques par rapport à l’horizon, semblent bruire de rumeur et grimacer. (Vienne 1900, lieu de naissance de la Psychanalyse, était hypocrite et refoulée, alors quelle devait être l’ambiance dans les petites villes de Province, <strong>Stein</strong> ou <strong>Krumau</strong>, où le peintre s’établit momentanément, fut victime de calomnie et incarcéré pour obscénité ?&#8230;)</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Enfin, une ville aux lignes courbes, comme prise dans un vortex, qui donne une idée du gouffre intérieur dans lequel la conscience de notre hypersensible est aspirée.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Il est donc juste de dire que les paysages, naturels ou urbains, ne sont pas peints pour eux-mêmes, mais sont des moyens d’expression du Moi et de l’Eros, des <strong>métaphores</strong> du mal être existentiel, des procédés d’introspection.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> Et il n’est pas surprenant qu’ils soient dessinés avec la même force, les mêmes lignes coupantes et sures, la même sobriété et les mêmes positions incongrues que les nus ou les autoportraits.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">En poète plasticien, Egon Schiele a inventé un style capable d’exprimer son <strong>ego </strong>tourmenté, sa vigoureuse <strong>libido</strong> d’adolescent angoissé et sa colère devant <strong>la précarité du vivant</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Un style<strong> expressionniste</strong>, où la couleur joue un rôle moindre que dans l’Expressionnisme allemand, mais qui ouvre la voie à l’Abstraction et qui concurrence la Poésie dans l’expression de l’indicible.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> ***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong>VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI :</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><p><a href="http://annstein.unblog.fr/2012/04/22/egon-schiele/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">&lt;a href=&nbsp;&raquo;http://www.123ici.com/annu.asp/num/2474/site/316807&Prime; Target=&nbsp;&raquo;_blank&nbsp;&raquo;&gt;Annuaire des Blogs &#8211; inscrivez votre Blog !&lt;/a&gt;</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2012/04/22/egon-schiele/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Gerhard Richter : Que peut l&#8217;Art face à l&#8217;Histoire ? (français et anglais)</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2012/04/15/gerhard-richter-que-peut-lart-face-a-lhistoire/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2012/04/15/gerhard-richter-que-peut-lart-face-a-lhistoire/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 17:37:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Abstraction]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[annstein]]></category>
		<category><![CDATA[Art et Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[peintre allemand contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture contemporaine]]></category>
		<category><![CDATA[Photopeinture]]></category>
		<category><![CDATA[Richter Gerhard]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=311</guid>
		<description><![CDATA[En 1984, soit en pleine ascension artistique, Gerhard Richter met en garde Critiques, Collectionneurs et Historiens d’Art : « Mes tableaux sont sans objet ; ils n’ont ni contenu, ni signification. » Son avertissement fait impérieusement écho à celui que Gérard de Nerval adressait à Alexandre Dumas : « Mes sonnets ne sont guère plus [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><img class="aligncenter size-medium wp-image-315" style="border-style: initial;border-color: initial;margin-left: auto;margin-right: auto;border-width: 0px" alt="Gerhard Richter : Que peut l'Art face à l'Histoire ? (français et anglais) dans peinture tumblr_llt3n33VJI1qk0go1o1_1280-270x300" src="http://annstein.n.a.f.unblog.fr/files/2012/04/tumblr_llt3n33VJI1qk0go1o1_1280-270x300.jpg" width="270" height="300" /></span></div>
<div>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><span style="text-align: justify">En 1984, soit en pleine ascension artistique, </span><strong>Gerhard Richter</strong><span style="text-align: justify"> met en garde Critiques, Collectionneurs et Historiens d’Art : </span><em>« Mes tableaux sont sans objet ; ils n’ont ni contenu, ni signification. »</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Son avertissement fait impérieusement écho à celui que <strong>Gérard de Nerval</strong> adressait à Alexandre Dumas :<em> « Mes sonnets ne sont guère plus obscurs que </em><em>la Métaphysique</em><em> de Hegel ou </em><em>les Mémorables</em><em> de Swedenborg et perdraient de leur charme à être expliqués,  si la chose était possible. » </em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">L’un et l’autre insistent ainsi sur <strong>l’ambiguité</strong> qui est au cœur de leur travail plastique ou poétique ; mais de même que la persévérance parvient à expliquer<span style="text-decoration: underline"> les Chimères</span>, de même un certain regard permet de tirer un fil dans la <strong>création</strong> <strong>polymorphe</strong> du peintre et de saisir la pensée qui la sous-tend : une <strong>pensée </strong>obnubilée par le<strong> Temps</strong> en général<strong> </strong>et par<strong> l’Histoire</strong> -collective ou individuelle- en particulier.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Rappelons, en effet, que l’homme a connu bien des vicissitudes : né à Dresde en 1932, un oncle dans la Wehrmacht et une tante schizophrène exterminée par celui qui allait devenir son beau-père, Gerhard Richter a survécu au Nazisme et aux bombardements de sa ville natale ; adolescent dans un pays ruiné et divisé, il entre jeune au PC de RDA (1950), comme naguère son père avait adhéré au parti nazi ; étudiant aux Beaux Arts en pleine vague de Réalisme Socialiste, il est tenté par l’aventure de l’Abstraction et passe à l’Ouest en 1961, un an avant la construction du Rideau de Fer ; enfin, artiste à succès et professeur partagé entre l’Allemagne et l’Amérique, il monte dans un avion en partance pour New York le matin du 11 septembre 2001&#8230; Une vie chahutée par le Hasard et l’Histoire.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Ainsi, à chaque étape de son travail (minimaliste, photographique, hyperréaliste ou abstrait), Richter, qui ne sait rien faire d’autre que peindre, semble se demander : <strong>Que peut l’Art par rapport au destin personnel, aux totalitarismes, au terrorisme </strong>des années de plomb ou de l’après 11 septembre <strong>? </strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">En attendant la rétrospective parisienne de l’été prochain (du 03/06 au 17/09/2012), voyons donc quelles sont les traductions  visuelles de cette quête.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">***</span></p>
<ol>
<li><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong>S’inscrire dans une lignée :</strong></span></li>
</ol>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">À l’Institut d’Art contemporain de Villeurbanne, on découvre qu’elle peut prendre la forme d’un surprenant objet, intitulé <strong>Übersicht</strong> ou Vue d’ensemble (1998).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>A priori</em> et à distance, l’œuvre est déroutante, bien difficile à identifier : est-ce un document informatique, une carte de géographie ?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">De près, on réalise que Richter donne à voir sa version personnelle de l’Histoire de l’Art ; mais il le fait, on ne peut plus sèchement, au moyen d’un <strong>tableau synoptique assisté par ordinateur</strong> :<strong> </strong>une énumération de peintres, architectes, poètes et musiciens est mise en regard de dates s’égrainant de 1300 à 1950. Son propre nom figure en bonne place car Richter se sent héritier et redevable de la grande tradition culturelle occidentale.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">En effet, pour novatrice qu’elle soit, son œuvre s’inscrit dans une impressionnante lignée : ne peint-il pas une Annonciation d’après <strong>Le Titien</strong>, après avoir participé à la Biennale de Venise, en 1972 ;  n’use-t-il pas du projecteur comme <strong>Vermeer</strong> usait de la <em>camera obscura</em>, pour jouer avec la lumière et donner un teint de porcelaine à ses modèles ; ne partage-t-il pas avec <strong>Philippe de Champaigne </strong>un goût pour les vanités minimalistes, (simple bougie vacillante ou crâne génialement renversé) ; avec <strong>David Caspar Friedrich </strong>pour les personnages vus de dos ; avec <strong>Monet </strong>pour le jeu des apparences et des reflets ; avec <strong>Pollock </strong>pour le geste aléatoire mais créatif, avec <strong>Duchamp</strong> ou <strong>Warhol </strong>pour la photographie&#8230;?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Ainsi, tandis que Vidéos et Installations occupent progressivement l’espace créatif contemporain, Richter refuse la probable disparition de la Peinture et ne cède qu’à son envie de la régénérer en renouvelant les images.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Alors, il invente la peinture photographique et le flou, qui renouvellent Portraits, Natures Mortes et Paysages, et il entame avec le hasard une fructueuse collaboration, qui donne les grands formats abstraits, si séduisants.</span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong>2. Peinture ou Photographie ? :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong><br />
</strong>Richter n’a de cesse d’enrichir son <strong>Atlas</strong>, imposant recueil de clichés de presse, de famille, d’amateurs etc., qui constitue non seulement un objet artistique en soi, volontiers exposé, mais aussi une des sources de son travail pictural, car il emprunte à la photographie le noir et blanc, le gros plan et le flou, et il essaie diverses expériences de fusion des deux genres :</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">-tantôt <strong>il peint d’après photos</strong> au moyen d’une image rétroprojetée (qu’il s’agisse des chasseurs et bombardiers de l’Alliance Atlantique, de la Fraction Armée Rouge ou Bande à Baader, des attentats contre le World Trade Center),</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">-tantôt <strong>il peint comme on photographie</strong> en créant l’illusion de la réalité (par exemple sa fille Betty, portraiturée de face et en gros plan en 1977),</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">-et tantôt <strong>il peint sur photos </strong>avec l’ambition de créer l’illusion d’un mouvement ; pour ce faire, il brosse l’image, en floute les contours et semble ne vouloir garder qu’une <strong>trace</strong> de l’insaisissable réel, (ainsi, un souvenir du visage de Betty au sortir de l’enfance ou du corps de Sabine, la troisième épouse, au sortir du bain.)</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Ces techniques<strong>, </strong>créatrices d’objets hybrides, rendent les images plus agréables à regarder (notamment celles de la guerre et des attentats, souvent insoutenables sous la  forme de spectaculaires photos de presse) ; mais, par dessus tout, elles montrent combien il est artificieux de chercher à représenter la réalité dans sa complexité et combien il est faux de chercher à comparer un tableau à cette même réalité.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Quand on est à ce point conscient des limites de la figuration, on peut sans se contredire passer à l’abstraction et chercher à traduire l’invisible.</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">***</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong>3. L’Abstraction selon Richter :</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Et cela donne la part sublime de l’œuvre de Richter, faite de textures étonnantes et de couleurs modulées comme jamais.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Comment y parvient-il ?</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Il suffit de le voir à l’œuvre pour comprendre qu’il choisit format, couleurs et épaisseur des couches, sens et puissance du geste, puis que le hasard fait le reste.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">En effet, Richter travaille par strates de couleurs, primaires et complémentaires, qu’il étale avec différentes spatules, qu’il  lisse en tous sens et écrase jusqu’à l’obtention d’une image imprévue, souvent proche d’un miroitement sur l’eau.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Cette part abstraite de l’œuvre interroge la nature-même de la peinture. Ainsi à de rares exceptions près, tous les tableaux portent le même titre, <em>Abstraktes Bild</em> ou Toile abstraite, et chacun est à lui-même sa propre fin !</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong>Conclusion </strong>:</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Artiste inclassable, Gerhard Richter interroge donc simultanément les moments traumatisants de l’Histoire et la nature des images susceptibles de restituer ces chocs émotionnels; et il a su <strong>créer une ambiguité visuelle </strong>qui représente l’ambiguité essentielle de toute Histoire et de toute Autobiographie (l’une comme l’autre plus subjective qu’objective).</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">Son œuvre s’avère donc moins disparate qu’il n’y paraît de prime abord et l’on comprend mieux pourquoi l’artiste exige des Commissaires d’exposition l’accrochage concomitant des toiles figuratives et des abstraites.</span></p>
<p style="text-align: right"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">                                                                  Paris avril 2012</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><strong>VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI :</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><p><a href="http://annstein.unblog.fr/2012/04/15/gerhard-richter-que-peut-lart-face-a-lhistoire/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></span></p>
<div style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em style="color: #0000ff;text-align: justify">In 1984, while in full artistic ascent, G. Richter warns critics, collectors and art historians : &nbsp;&raquo; My paintings have no content or meaning.&nbsp;&raquo;</em></span></div>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>His warning reminds one Nerval addressed Alexandre Dumas : &nbsp;&raquo; my sonnets are as obscure as the <span style="text-decoration: underline">Metaphysics</span> of Hegel or the <span style="text-decoration: underline">Memorables</span> of Swedenborg, and they lose their charm to be explained, if it were possible.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>The both insist on the ambiguity of their plastic and poetic work. The perseverance can explain <span style="text-decoration: underline">les Chimères</span> and a certain look is able to understand the Richter&rsquo;s polymorphic creation, subtended by a reflection upon the Time in general and History in particular.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>Recall that the man has seen many vicissitudes : born in Dresden in 1932, an uncle in the Wehrmacht and a schizophrenic aunt exterminated, Richter survived Nazism and bombings of his hometown; teenager in a ruined and divided country, he joined the Communist Party of East Germany in 1950 ; student at the Fine-Arts in full wave of socialist realism, he is tempted by abstraction and passed to the West in 1961, a year before the construction of the &laquo;&nbsp;the Iron Curtain&nbsp;&raquo;; finally, successful artist and professor in Germany and the United States, he boarded a flight to New York on the morning of September 11, 2001 ! A turbulent life…</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>Therefore, at every stage of his work (minimalist photographic, hyper realistic or abstract), he asks: &laquo;&nbsp;What can art relative to personal destiny, to totalitarianism, to terrorism ?</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>Let us see what are the visual translations of this quest.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em><span style="color: #0000ff">At the Contemporary Art Institute of Villeurbanne, it may take the form of a surprising object, entitled </span><span style="color: #0000ff;text-decoration: underline">Ubersicht</span><span style="color: #0000ff"> or Overview (1998). A priori, by far, the work is confusing, difficult to identifie : is it an electronic document, a geographical map ? Closely, we understand that we are In front of a very personal history of art ; an history of art in the form of  synoptic table, computer-assisted ; where names of artists, architects and poets correspond to dates from 1300 to 1950, the Richter&rsquo;s name figures prominently because he is aware of belonging to the great Western cultural tradition. He paints an <span style="text-decoration: underline">Annunciation</span> after Titian, he uses the projector as Vermeer used the &laquo;&nbsp;camera obscura&nbsp;&raquo; to direct the light and to give a porcelain complexion to his models, he shares with Philippe de Champaigne taste for minimalist vanities (candle turned on or skull overturned with genius) ; like Caspar David Friedrich, he loves the characters seen from behind, like Monet, he likes the play of reflections, like Pollock, he loves the randomness gesture ; as Duchamp and Warhol, he loves photographie. </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><span style="color: #0000ff"><em>Richter refuses the probable disappearance of the painting in front the rise of video and installations and is working to renew the images. </em></span><span style="color: #0000ff"><em>He inventes the photographic painting and blurring to renew the portrait, still life and landscapes, he collaborates with the random to renew abstract.</em></span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>Richter continually adding to his <span style="text-decoration: underline">Atlas</span>, impressive collection of press photos, family or lovers who is willingly exposed but is also one of the sources of his pictorial work.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>He borrows from the photograph black and white, close-up and blurring : he tries different experiments to fusion two arts : </em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>sometimes he paints from photographs, sometimes he paints as one photographes, sometimes he paints on photos ; these techniques are creating hybrid objects and make the images of violence (war, terrorist attacks) easier to watch than the documentary photographs; but mostly these experiments show how it is futile to try to represent reality, how painting and reality are different.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>Aware of the limits of representation, Richter can switch to Abstraction and try to translate the invisible.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>This gives the sublime part of the work done with amazing textures and colors like never modulated. How does it do this ? He chooses the format, the color, the thickness of layers, the direction of the gesture, and randomness does the rest: Indeed, Richter works by layers of primary and secondary colors, that spreads with several spatulas, that smoothes in all directions and crushes until an unexpected image, often close to a shimmer of water. This work questions the essence of painting, and most of the paintings have the same name <span style="text-decoration: underline">Abstraktes</span> <span style="text-decoration: underline">Bild</span> or &laquo;&nbsp;abstract painting&nbsp;&raquo;, and have no meaning.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>Unclassifiable artist, Richter simultaneously queries the traumatic moments in History and nature images that account for the violence of emotional shock. He invented a visual ambiguity which corresponds to the ambiguity of History and Autobiography, more subjective than objective.</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #0000ff;font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"><em>His work is less disparate than it seems and we understand why it requires exhibition commissioners an hooking side by side figurative paintings and abstract paintings.</em></span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif"> </span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-size: large;font-family: arial, helvetica, sans-serif">&lt;a href=&nbsp;&raquo;http://www.123ici.com/annu.asp/num/2474/site/316807&Prime; Target=&nbsp;&raquo;_blank&nbsp;&raquo;&gt;Annuaire des Blogs &#8211; inscrivez votre Blog !&lt;/a&gt;</span></p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2012/04/15/gerhard-richter-que-peut-lart-face-a-lhistoire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Fra Angelico, un nouvel art de raconter</title>
		<link>http://annstein.unblog.fr/2012/04/08/fra-angelico-un-nouvel-art-de-raconter/</link>
		<comments>http://annstein.unblog.fr/2012/04/08/fra-angelico-un-nouvel-art-de-raconter/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 Apr 2012 16:44:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[annstein]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Steinberg-Viéville]]></category>
		<category><![CDATA[Annonciation]]></category>
		<category><![CDATA[annstein]]></category>
		<category><![CDATA[Côme et Damien]]></category>
		<category><![CDATA[Cortone]]></category>
		<category><![CDATA[Florence (Italie)]]></category>
		<category><![CDATA[Fra Angelico]]></category>
		<category><![CDATA[prédelles]]></category>
		<category><![CDATA[Quattrocento]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance italienne]]></category>
		<category><![CDATA[St Nicolas]]></category>
		<category><![CDATA[Toscane]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://annstein.unblog.fr/?p=307</guid>
		<description><![CDATA[Messager de la parole christique, le moine dominicain Fra Angelico prie en peignant. Ses supérieurs ne s’y sont pas trompés ; considérant l’Art comme un moyen efficace de transmettre la foi, ils ont encouragé sa carrière d’artiste. Une carrière à succès, auprès des laïcs comme des religieux, car l’Angelico, est un homme de son temps, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><a href="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/angelico-couvent-san-marco-4.jpg" rel="lightbox[307]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1075" alt="Angelico (couvent san marco)-4" src="http://annstein.unblog.fr/files/2012/04/angelico-couvent-san-marco-4-300x218.jpg" width="300" height="218" /></a></span></p>
<div>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Messager de la parole christique, le moine dominicain <strong>Fra Angelico</strong> <em>prie en peignant</em>.</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ses supérieurs ne s’y sont pas trompés ; considérant l’Art comme un moyen efficace de transmettre la foi, ils ont encouragé sa carrière d’artiste.</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Une carrière à succès, auprès des laïcs comme des religieux, car l’Angelico, est un homme de son temps, dont la sensibilité résolument <em>moderne </em><strong>rénove la transmission du message évangélique</strong>.</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Quelles sont ses innovations ?</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<ol>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>La syntaxe visuelle </strong>:</span></li>
</ol>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">D’abord il forge ce qu’on pourrait appeler <strong>une syntaxe visuelle</strong> qui libère le récit de l’archaïsme de la juxtaposition.</span></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Cette introduction d’<strong>une grammaire picturale</strong> est particulièrement visible dans <span style="text-decoration: underline">Le Retable du Prado</span>, peint à la fin des années 1420. C’est un tableau d’autel avec prédelle dont le panneau central raconte un cycle, celui <em>de la Damnation et de la Rédemption</em> <em>du genre humain</em> au moyen de <strong>deux scènes complémentaires </strong>: à gauche, l’expulsion d’Adam et Eve d’un luxurieux jardin d’Eden et, à droite, sous une magnifique loggia, l’Annonce faite à Marie.</span></li>
</ul>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Un épisode biblique côtoie donc un épisode du Nouveau Testament, mais cela se fait <strong>sans heurt</strong> car ils sont <strong>coordonnés</strong> : liés par rayon d’or de la parole divine qui traverse les deux épisodes et surtout par le médaillon en trompe-l’œil, au centre du portique, représentant le prophète Isaïe (qui, dès le VII° siècle avant l’ère chrétienne, aurait annoncé la venue immaculée d’un Messie).</span></li>
</ul>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ainsi, le message imagé devient clair, il introduit une logique dans l’apparente contradiction du discours chrétien et l’on comprend que le péché originel sera pardonné !</span></li>
</ul>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Tandis que dans <span style="text-decoration: underline">l’Annonciation de Cortone</span> (1433), qui représente pourtant les mêmes scènes, le message est moins serein: une barrière vient matérialiser l’existence de deux mondes apparemment cloisonnés : le Pur et l’Impur.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>II. Les techniques d’unification du récit :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Fra Angelico use aussi d’un <strong>espace unique</strong> et d’une <strong>composition</strong> <strong>symétrique</strong> pour <strong>unifier</strong> des scènes séparées dans le temps; son récit pictural gagne ainsi en cohérence et en souplesse. Voyez plutôt <span style="text-decoration: underline">l’Histoire de Saint Nicolas</span> qu’illustre la prédelle du triptyque de Pérouse.</span></p>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">De gauche à droite, une pelouse printanière envahit ruelles et place d’une ville nouvelle, si bien qu’à première vue il pourrait s’agir d’une<strong> scène de genre</strong> dans la Florence du <em>Quattrocento</em>, dont les maisons seraient grand ouvertes sur l’extérieur, théâtres d’une naissance et du repos de trois blondes sous l’œil plus ou moins vigilant d’un père; mais l’auréole qui nimbe la tête d’un enfant, d’un adolescent et d’un adulte met sur la voie d’une hagiographie.</span></li>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">En effet, trois épisodes de la vie de Nicolas sont réunis sur ce petit panneau : son prodige de nouveau-né, debout dès son premier bain, sous les yeux écarquillés de la parturiente et de la nourrice; la naissance de sa vocation à l’écoute d’un prêche en plein air et l’aumône qui fonde sa légende de Père Noël, il dote discrètement les jeunes filles pauvres endormies, vouées par leur père à la prostitution.</span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Ce procédé pictural crée habilement des <strong>transitions</strong> dans le récit et il réalise de surcroît, les noces de la <strong>spiritualité</strong> et du <strong>réalisme</strong>, mettant la foi à la portée de tous.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>III. Le statut du narrateur :</strong></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Enfin, l’Angelico se place volontiers du point de vue du <strong>narrateur</strong> <strong>omniscient</strong> et il opte pour l<strong>e récit par extrapolation</strong>.<strong> </strong>C’est une malicieuse technique narrative, susceptible de répandre la ferveur du moine artiste; grâce à elle, il donne à voir les chapitres les plus sadiques de l’Histoire de la Religion <strong>sous l’angle du rachat</strong> et les scènes de martyre les plus abominables deviennent alors tolérables ; on finit par les regarder avec la sérénité ou les «lunettes roses» du croyant !</span></li>
</ul>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Considérons, par exemple, la prédelle du <span style="text-decoration: underline">Retable d’Annalena</span> (1437-40), soit six panneaux dispersés dans les grands musées du monde, qui illustrent les vies de Côme et Damien (<em>La Guérison de Palladia ; Côme et Damien devant Lysias ; Côme et Damien sauvés des eaux ; Côme et Damien condamnés au bûcher ; Côme et Damien crucifiés et lapidés ;  Côme et Damien décapités</em><em>.)</em></span></li>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Médecins et chirurgiens prodigieux, ils ont été victimes, avec trois de leurs frères, des persécutions de Dioclétien, mais ils sont restés fidèles à leur foi malgré torture, crucifixion, lapidation et enfin décapitation ; ils ont donc été sanctifiés. Le peintre considère la légende du <strong>point de vue de ce dénouement</strong> beat et ce mode de narration apparente une histoire tragique à un<em> conte pour enfant </em>!</span></li>
</ul>
<ul style="text-align: justify">
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">La scène de décapitation, conservée au Louvre, ne suscite en effet <strong>aucun effroi</strong> malgré la présence d’un bourreau en action, de mares de sang, de troncs plus ou moins affaissés et de têtes roulant au sol ! Pourquoi ce paradoxe ?</span></li>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Eh, bien ! l’on reste impassible parce que la <strong>composition</strong> attire le regard sur le décor au détriment des cinq décollations. La <strong>lumière</strong> frappe de plein fouet les remparts de la ville, que l’on devine être Florence; elle sculpte l’aspect filiforme des arbres, permettant à l’œil de s’égarer au-delà, dans la paisible campagne toscane, et elle fait scintiller le champ piqué de fleurs où ont lieu les exécutions. Bref, l’éclairage détourne de l’essentiel.</span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">L’art du peintre s’avère non seulement lénifiant mais encore manipulateur et le spectateur s’aperçoit que, non content de prier, l’Angelico <strong>prêche</strong> en peignant !</span></li>
</ul>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Sa peinture, vouée à la transmission du message évangélique, est donc l’une des plus spirituelles qui soit, mais elle est fondée sur <strong>une technique narrative</strong> révolutionnaire, qui libère le récit des conventions du Gothique International et qui met de l’humanité dans un monde plein de douleur.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">Bien entendu, elle incorpore aussi, toutes les innovations de la jeune Renaissance (<em>perspective mathématique</em>, introduction de <em>l’architecture</em> et du <em>paysage</em>, curiosité grandissante pour les <em>sentiments</em> <em>humains</em>) Aussi il n’est pas rare que les <strong>prédelles </strong>de l’Angelico<strong>, </strong>plus que ses <strong>retables,</strong> fassent penser à <strong>Paolo</strong> <strong>Uccello</strong> ou à <strong>Masaccio; </strong>mais tout cela a déjà fait couler beaucoup d’encre&#8230;</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">***</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><strong>VOUS POUVEZ VOIR LE FILM ICI :</strong></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large"><p><a href="http://annstein.unblog.fr/2012/04/08/fra-angelico-un-nouvel-art-de-raconter/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;font-size: large">&lt;a href=&nbsp;&raquo;http://www.123ici.com/annu.asp/num/2474/site/316807&Prime; Target=&nbsp;&raquo;_blank&nbsp;&raquo;&gt;Annuaire des Blogs &#8211; inscrivez votre Blog !&lt;/a&gt;</span></p>
<p style="text-align: center">
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://annstein.unblog.fr/2012/04/08/fra-angelico-un-nouvel-art-de-raconter/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		</channel>
</rss>
